Présidentielle autrichienne: les deux candidats à égalité, résultats définitifs ce lundi

Les deux candidats à la présidentielle autrichienne, Norbert Hofer pour l'extrême droite FPÖ, et l'écologiste Alexander Van der Bellen, étaient à égalité dimanche selon des projections après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins déposés dans les urnes.

Le nom du nouveau chef d'Etat autrichien ne sera par conséquent connu que lundi une fois décomptés les bulletins des 900 000 électeurs qui ont demandé à voter par correspondance. Ces votes par correspondance représentent plus de 14% du corps électoral et départageront les deux candidats. Selon les analystes, ces votes pourraient faire pencher la balance du côté d'Alexander Van der Bellen. 

Remontée spectaculaire de Van der Bellen

Au premier tour, le 24 avril, le candidat du Parti de la liberté (FPÖ), islamophobe et eurosceptique, était arrivé largement en tête avec 35% des voix contre 21% pour Alexander Van der Bellen.

Eliminés de la course, les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs chrétiens de l'ÖVP, qui dominaient la vie politique autrichienne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, n'ont donné aucune consigne de vote dans l'entre-deux tours. Ils ont notamment estimé qu'un appel à faire barrage à l'extrême droite aurait conforté la stature de candidat "anti-système" de Hofer.

"C'est la photo-finish, un final à couper le souffle", a commenté sur l'antenne de l'ÖRF le directeur de campagne de Van der Bellen, Lothar Lockl, se félicitant déjà que son candidat ait comblé les 14 points d'écart qui le séparaient de Hofer au soir du premier tour. "En football, on dirait que le match est entré dans la prolongation", a-t-il ajouté.

Premier pays à élire président d'extrême droite

Une victoire de Hofer ferait de l'Autriche le premier pays de l'Union européenne à élire un chef d'Etat appartenant à l'extrême droite. Elle confirmerait de façon spectaculaire la poussée des partis nationalistes et xénophobes dans un continent où les migrants sont perçus par une large part de l'électorat comme une menace et où l'Union européenne provoque un rejet grandissant.

D'ores et déjà, le séisme du premier tour a provoqué des changements radicaux à Vienne. Le chancelier social-démocrate Werner Faymann, à la tête d'une grande coalition de gouvernement avec l'ÖVP, a démissionné et a été remplacé par Christian Kern, ancien patron des chemins de fer.

Le poste de président de l'Etat est traditionnellement honorifique et protocolaire en Autriche même s'il dispose de certains pouvoirs, comme celui de nommer le chancelier, de révoquer le gouvernement et assume le pouvoir de chef des armées.

Les prochaines élections législatives sont programmées en 2018 mais un scrutin anticipé pourrait accélérer l'arrivée au pouvoir du FPÖ, que les sondages créditent de plus de 30% d'intentions de vote, un score qui en ferait le possible pilier d'une future coalition.

Je ne suis pas une personne dangereuse

Agé de 45 ans, le numéro deux du FPÖ est la figure rassurante du parti d'extrême droite, divisant moins que son président, Heinz-Christian Strache. Ce dernier a échoué de justesse aux municipales d'octobre dernier dans sa tentative de conquête de la mairie de Vienne mais a porté son parti à un niveau jamais vu.

"Il me suffira de travailler un an ou deux et alors tout le monde verra que je suis OK, que je ne suis pas une personne dangereuse", a dit Hofer après avoir voté dans sa ville de Pinkafeld, dans l'est de l'Autriche.

Les déclarations de Hofer sur la menace posée par l'arrivée de migrants musulmans ont fait les titres de la presse récemment. Mais la progression du FPÖ est perceptible depuis plusieurs années et n'est pas seulement une des conséquences de la crise migratoire. Le sentiment électoral est plus diffus et se cristallise aussi sur les questions du chômage, de la sécurité et de la conviction que l'évolution sociale s'accomplit au détriment de la population.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK