Présidentielle au Pérou : Keiko Fujimori réitère ses accusations de fraudes

La candidate de la droite populiste Keiko Fujimori, donnée battue lors de la présidentielle de dimanche au Pérou, a réitéré samedi ses accusations de fraudes et mobilisé ses partisans alors que les autorités continuent l’examen de dizaines de milliers de bulletins de vote contestés.

"Il y a des fraudes" dans le décompte des bulletins et des "faits graves dans cette étape ultime", a déclaré la candidate à la presse étrangère alors que s’amenuisent ses chances de remporter le scrutin face à son concurrent de gauche, Pedro Castillo.


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"Je vais reconnaître les résultats mais il faut attendre la fin" du décompte, a assuré Keiko Fujimori, dénonçant des irrégularités qui ont, selon elle, "favorisé" son adversaire, un enseignant et syndicaliste de 51 ans.

En attendant, elle a mobilisé des milliers de ses partisans dans le centre de Lima, dont certains ont afflué vers le siège du Jury national électoral (JNE), l’organe chargé de contrôler le scrutin, où des centaines de partisans de Pedro Castillo sont également rassemblés depuis mercredi.

Des dizaines de policiers ont établi un cordon de protection afin d’éviter toute confrontation entre les deux groupes, a constaté un journaliste de l’AFP.

51.000 voix d’écart

"Le Pérou entier va défendre son vote", a assuré un manifestant dans le camp "fujimoriste", revêtu du maillot de la sélection nationale de football.

Pedro Castillo a de son côté appelé ses partisans à faire preuve de "patience" et de "sérénité" avant une victoire qu’il juge inéluctable.

Les deux candidats ne sont séparés que de quelque 51.000 voix, selon un dernier décompte, à l’avantage de Pedro Castillo. Mais Keiko Fujimori conteste cette avance et a demandé mercredi l’invalidation d’environ 200.000 bulletins, issus de 802 bureaux de vote.

Indices de fraude

Elle avait dénoncé lundi des "irrégularités", des "indices de fraude" et "une claire intention de saboter la volonté du peuple".

"Ici, il n’y a toujours pas de vainqueur ni de perdant", a encore déclaré samedi Keiko Fujimori, dénonçant l’ingérence dans l’élection au Pérou de "la gauche internationale". Elle faisait allusion aux messages de félicitations envoyés à Pedro Castillo par plusieurs dirigeants latino-américains dont les présidents argentin et bolivien Alberto Fernandez et Luis Arce.

Keiko Fujimori, 46 ans, a également dénoncé le rôle du JNE, et notamment sa décision de ne pas invalider environ 200.000 bulletins comme elle le réclamait.

La mission n’a pas détecté d’irrégularités graves

La mission d’observation électorale de l’Organisation des Etats américains (OEA) a pourtant déclaré vendredi ne pas avoir relevé de "graves irrégularités" dans le scrutin présidentiel au Pérou, qualifié de "positif".

"La mission n’a pas détecté d’irrégularités graves", indique le rapport préliminaire de la mission qui salue un "processus électoral positif, dans lequel des améliorations substantielles ont été enregistrées entre le premier et le deuxième tour".


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Le résultat final ne pourra être annoncé qu’à la fin des opérations de contrôle de milliers de bulletins contestés, ce qui pourrait prendre encore plusieurs jours.

En attendant, la tension monte dans le pays andin près d’une semaine après le second tour. Le président par intérim, Francisco Sagasti, a lancé vendredi un appel au "calme" aux acteurs des deux camps.

Indigènes en marche

Francisco Sagasti, qui achèvera son intérim le 28 juillet, a estimé que le pays connu pour son instabilité institutionnelle et qui attend de connaître son cinquième président en trois ans, vivait une période "polarisée, complexe et difficile".

Des représentants des communautés indigènes ont ainsi averti vendredi qu’ils marcheraient, si besoin, sur Lima pour défendre leurs votes en faveur de Pedro Castillo, après la demande de Keiko Fujimori d’annuler les résultats de 802 bureaux de votes de zones rurales.

Une défaite priverait la dirigeante du parti Fuerza popular, créé par son père l’ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), de l’immunité présidentielle au moment où de nouvelles menaces d’emprisonnement pèsent sur elle.


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Début mars, trente années de prison ont été requises à son encontre dans le cadre de l’enquête sur le scandale Odebrecht, du nom du géant brésilien du BTP qui a reconnu avoir versé des pots-de-vin à de nombreux dirigeants latino-américains.

Jeudi, le procureur en charge de l’affaire, José Domingo Pérez, a d’ailleurs réclamé que la liberté conditionnelle dont jouit la candidate depuis mai 2020 soit "révoquée", l’accusant de ne pas respecter "les restrictions de communication avec les témoins" de l’affaire.

Fujimori dénonce des fraudes, ses partisans se rassemblent (Lima, le 12 juin)

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