Présidentielle américaine : pourquoi on ne connaîtra pas le nom du prochain président dès le soir du scrutin ?

L’Election Day, le jour de la présidentielle, c'est ce mardi aux Etats-Unis : le monde entier aura les yeux tournés vers le pays, qui devra décider de renouveler le président Donald Trump pour un nouveau mandat, ou de mettre à sa place Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama.

Un scrutin qui mettra un terme à une campagne assez chaotique, marquée notamment par l’infection de Donald Trump au covid-19, ainsi que des débats houleux.


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Pourtant, mardi soir ne sera qu’une étape dans la désignation du nouveau président : si une couleur (rouge pour les Républicains, bleu pour les Démocrates) devrait ressortir du vote, le nom du futur locataire de la Maison-Blanche ne sera pas connu tout de suite. Explications.

Le système électoral américain

Le système électoral américain n’est pas un suffrage universel direct : les citoyens des Etats-Unis ne votent pas pour choisir leur président, mais pour mettre en place un collège électoral. Concrètement, chacun des 50 Etats doit choisir des grands électeurs, c’est-à-dire des représentants chargés ensuite d’élire le président.


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Il y a autant de grands électeurs que de représentants et de sénateurs au Congrès (ensemble des deux chambres législatives du pays). De manière logique, les Etats les plus peuplés ont plus d’électeurs : la Californie (39 millions d’habitants) en possédait 55 en 2016, tandis que le Delaware (982.000 habitants) n’en a que trois.

Une fois élu, le collège électoral se réunit et vote pour le président entre le début du mois de novembre et celui de janvier, afin que ce dernier puisse prendre ses fonctions le 20 janvier. Pour l’emporter, le candidat démocrate doit donc rafler la majorité absolue des votes des grands électeurs, soit 270 voix sur 538, qui l’éliront probablement ensuite. En cas d’égalité, c’est la Chambre des représentants qui s’occupe du scrutin.

Le poids des votes anticipés

Cela dit, même si aucun candidat n’est officiellement gagnant au soir du 3 novembre, les médias titrent généralement sur une victoire de l’un d’entre eux. Car en général, les grands électeurs votent logiquement pour le candidat de leur parti.

Il est toutefois possible de voir certains candidats dits "déloyaux" renier leur engagement, car la Constitution ne l’interdit pas (même si certains Etats sanctionnent cette pratique). Dans l’histoire des Etats-Unis, aucun candidat déloyal n’a toutefois pu influer sur l’élection d’un président.

Un autre facteur sera à prendre en compte : les votes anticipés. Dans le cadre de la pandémie de covid-19, environ 77 millions de personnes se sont déjà tournées vers cette solution. Rassembler les scores issus de ces votes à distance ne sera pas facile, et devrait prendre plusieurs semaines. Impossible donc d’être certain du résultat le 3 novembre, ce qui fait dire à Donald Trump qu’il ne reconnaîtra pas forcément une défaite (si elle a lieu) ce soir-là.

Élections présidentielles US : les derniers meetings (JT du 01/11/2020)

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