Présidentielle américaine: Joe Biden lance sa campagne à Philadelphie

C’était son premier grand meeting. Joe Biden a choisi Philadelphie en Pennsylvanie, un Etat clé ravi par Donald Trump aux démocrates en 2016.

L’ancien vice-président se classe en tête des sondages et des intentions de vote démocrate pour l’instant. A la tribune, il a plaidé pour l’unité des Américains et s’est placé en héritier de l’ère Obama dont il a vanté la capacité à faire des compromis. « Le président Trump a hérité d’une économie de l’administration Obama-Biden, qui lui a été donnée, comme pour tout dans sa vie. Et comme pour tout ce qui lui a été donné dans sa vie, il est en train de gâcher ça aussi. »

Joe Biden, 76 ans, est un vétéran de la politique américaine. Depuis le début, il a assuré qu’il n’hésiterait pas à répondre aux attaques de Donald Trump mais qu’il ne voulait pas que le président puisse détourner l’attention des questions importantes.

« Certaines de ces mêmes personnes disent, ‘Biden ne comprend pas. Vous ne pouvez plus travailler avec les républicains, ça ne marche plus comme ça’. Hé bien les amis, je vais dire quelque chose de scandaleux : je sais comment faire marcher un gouvernement, pas parce que j’en ai parlé ou que j’ai tweeté dessus, mais parce que je l’ai fait. J’ai travaillé, dans le passé, avec la partie opposée pour obtenir un consensus et aider à faire fonctionner le gouvernement. »

Un homme populaire

Homme populaire aux origines modestes, Joe Biden se targue d’avoir gardé le contact avec la base ouvrière du parti démocrate et de pouvoir rivaliser avec le milliardaire républicain dans les régions industrielles où règne un fort sentiment de déclassement social.

« Le succès viendra quand nous créerons des universités communautaires gratuites, investirons dans la formation à l’emploi et les apprentissages, poursuivrons une éducation qui permet aux gens de pourvoir à des emplois à l’avenir, renforcerons notre engagement dans les maternelles et bien plus. »

La 3e fois sera la bonne ?

L’homme y croit. Sinon pourquoi se lancer pour la 3e fois dans la course à la Maison Blanche après deux échecs aux primaires. Il pense pouvoir incarner victorieusement une ligne centrale et modérée.

« Nous avons besoin d’un président qui est disposé à mener, qui va insister sur des changements dramatiques pour le bien de nos enfants. Mes chers amis, laissez-moi vous dire ceci: la chose la plus importante que nous devons accomplir c’est battre Donald Trump. »

Les sondages lui donnent raison. Le dernier en date, pour ABC News et le Washington Post, lui prête 17% des intentions de vote, contre 11% à son premier rival, Bernie Sanders.

John Lester est graphiste dans la banlieue de Philadelphie. Il a tenu à assister au meeting. « Je supporte la diversité, mais je pense que la chose la plus importante est de reprendre la Maison-Blanche, il faut d’abord changer cela et ensuite continuer d’aller dans cette direction. Je pense qu’il est trop tôt pour passer à un programme libéral, non pas que je ne soutienne pas cela, mais je ne pense pas que ce soit une chose réaliste.»

De nombreuses critiques

L’homme ne peut y échapper. A commencer par la polémique sur son âge, 76 ans et la nécessaire énergie qu’il faut déployer pour tenir sur la durée d’une campagne de 18 mois.

Un âge qui lui vaut des remarques du locataire de la Maison Blanche, âgé lui de 72 ans. « Je suis plus jeune. Je suis un homme jeune, plein de vie », a notamment déclaré Donald Trump récemment. « Je ne sais pas ce qui a bien pu arriver à Biden, je ne l’ai jamais vu comme ça auparavant. »

Des critiques qui n’atteignent pas les supporters de Biden, même les plus jeunes. Ankita Kalasabail est lycéenne à Philadelphie, elle votera à sa première élection présidentielle en 2020. « De toute évidence, à l’heure actuelle, nous faisons pression en faveur des questions plus progressistes et comme je suis jeune, c’est très important pour ma génération que tout le monde fasse pression pour ce genre de choses. Alors c’est un peu risqué d’y aller pour quelqu’un qui est là depuis si longtemps et qui a peut-être dit des choses il y a des années qui pourraient se retourner contre lui. Mais je pense qu’il est là depuis si longtemps qu’il comprend comment le changement se produit et qu’il peut voir ce que nous pouvons faire pour susciter ce changement. »

Joe Biden se débat aussi avec de vieilles accusations sur des gestes déplacés à l’égard de femmes ou encore sur des décisions et des votes lors de sa longue carrière de sénateur du Delaware.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK