Présidentielle américaine 2020 : quelles seraient les conséquences d’un recomptage des votes ?

La course à la présidence des Etats-Unis n’est toujours pas terminée après une journée de vote et soirée de dépouillement. Joe Biden et Donald Trump peuvent toujours prétendre au poste suite à la différence très serrée entre le nombre de grands électeurs rangé dans chaque camp. 

Même si celle-ci se creuse pour Biden après sa victoire dans le Michigan, dans plusieurs états clés le résultat n’est pas encore connu et amène une tension autour du potentiel prochain président américain.

Le nombre de votes anticipés et par correspondance ainsi qu’une participation électorale en hausse provoque un délai plus long suite à cette charge de dépouillement plus élevée que lors des autres présidentielles.


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Le scrutin est serré dans plusieurs de ces Etats-clés comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et la Géorgie. Comme le scénario de la "vague bleue" ne s’est pas produit, les Etats-Unis sont entrés dans une option incertaine sans l’ensemble des résultats.

Pour analyser les options possibles suite au recomptage des voix et procédures de recours déjà intenté par Donald Trump, CQFD a invité plusieurs experts lors d’une émission spéciale.

Selon Emilie van Haute, présidente du département des sciences politiques à l’ULB, le scénario était prévisible à partir du résultat obtenu dans un Etat important : "On savait que si la Floride tombait pour les républicains, on savait que cela se jouerai sur des états qui prennent plus de temps à dépouiller les bulletins". "Dans les centres urbains on prend aussi plus de temps suite au nombre important d’électeurs, et souvent ceux-ci votent vers Biden en majorité", complète-t-elle.

Le début d’un long tunnel ?

La procédure pour suspendre le dépouillement en Pennsylvanie, demandée par Trump, est dans un premier temps très politique selon Benoit Frydman, professeur à l’ULB et président du Centre Perelman : "Juridiquement cela a peu d’effet mais c’est une déclaration politique forte de faire arrêter en plein dépouillement. Même un manque de respect des électeurs".

"Lancer une contestation c’est surtout apporter une durée beaucoup plus longue au scrutin. Chaque état à ses propres règles, dans le Wisconsin la partie en retard peut demander un recomptage s’il y a moins 1% de différence", détaille-t-il.

aller à l’encontre de la majorité populaire

"On va regarder chaque vote en présence des candidats. Mais récupérer 20.000 voix à travers ce moyen me paraît très difficile", selon l’expert. Avant de continuer : "Le fait de dire qu’il y a eu des incidents dans un comté a pour objectif de faire invalider ce comté. Ce qui pourrait avoir un effet très fort sur les résultats de cet état car l’idée serait de neutraliser des bastions très acquis à un candidat ou l’autre".

L’effet du recomptage pourrait être populaire et opérer une pression selon Benoit Frydman : "Une procédure de recours devant cette Court suprême très politisée et conservatrice, amènerait la question d’oser aller à l’encontre de la majorité populaire".

Si la procédure est trop longue, la Court devrait la stopper à une date précise prévue par la constitution afin de désigner les grands électeurs qui devront rendre leur vote pour une autre date fixée début janvier. Résultat qui officiera le président américain pour le mandat à venir.

"Nous sommes partis dans de l’incertitude jusqu’au mois de janvier", déclarait-il sur le plateau de CQFD. Ce, avant de savoir que le Michigan tomberait aux mains de Joe Biden et des démocrates.

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