Présidentielle américaine 2020 : quel programme pour Donald Trump dans les prochaines semaines ?

On le sait depuis ce samedi en fin d’après-midi, Joe Biden sera le 46e président des Etats-Unis. Donald Trump va donc devoir quitter la Maison Blanche après 4 années de présidence.

Néanmoins, le candidat républicain va encore vivre 2 mois à la tête des Etats-Unis. Joe Biden ne prendra en effet ses fonctions que le 20 janvier 2021. Mais comment vont se passer les prochaines semaines de Donald Trump ? Tentative de réponse.

Il "n’a pas perdu"

Il est désormais clair que le président sortant n’acceptera pas sa défaite si facilement. Pour preuve, son compte Twitter est rempli de messages où Donald Trump revendique la victoire.

Selon lui, "les observateurs n’ont pas été autorisés à entrer dans les salles de comptage. J’ai gagné l’élection, j’ai obtenu 71.000.000 de votes légaux. Il s’est passé de mauvaises choses que nos observateurs n’étaient pas autorisés à voir. Cela ne s’était jamais produit auparavant. Des millions de bulletins de vote par correspondance ont été envoyés à des gens qui ne les avaient jamais demandés !"

Débat sur les bulletins tardifs

Factuellement, dire que Donald Trump a remporté l’élection est une erreur. Les chiffres montrent bien que c’est Joe Biden qui remporte cette présidentielle.

Dans les faits, tout va désormais se passer devant la justice. Le président sortant affirme en effet que le candidat démocrate aurait falsifié le vote par correspondance. A l’heure actuelle, rien ne permet toutefois d’affirmer que ces accusations sont fondées.

Les premières plaintes de Trump ont eu lieu durant le dépouillement. Prenant acte des dysfonctionnements des services postaux et du recours accru au vote par courrier à cause de la pandémie, les responsables démocrates de l’État avaient autorisé la prise en compte des bulletins postés jusqu’à mardi, mais arrivés dans les trois jours suivants.


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Sachant que ces bulletins seraient majoritairement démocrates, les républicains de Pennsylvanie avaient saisi la justice pour interdire la prise en compte de ces derniers. 

En Pennsylvanie, cette demande a été partiellement entendue. La Cour suprême a refusé d’intervenir mais a laissé la porte ouverte à un examen de fond après le vote. Des procédures sont donc désormais en cours pour déterminer si ces bulletins devaient être comptés. Ce votes tardifs ont été comptés à part des autres bulletins pour pouvoir les retirer du total si la justice le demande. 

La secrétaire d’État démocrate de la Pennsylavnie, Kathy Boockvar, a quant à elle minimisé le rôle des bulletins de vote tardifs, affirmant plutôt qu’ils ne représentaient qu’une "petite fraction" du scrutin et qu’ils n’auraient pas changé la donne.

Recompte des voix

C’est la Géorgie qui a annoncé en premier procéder à un recompte de l’ensemble des votes de l’Etat. C’est une procédure légale qui peut être demandée lorsque l’écart est trop serré entre deux candidats comme c’est le cas dans cet Etat.

Par ce biais, le président sortant espère détecter les "fraudes" dont il parle depuis plusieurs jours. Selon Rudy Giuliani, son avocat, "les démocrates se sont conduits d’une manière qui suggère des fraudes. Il y a des bulletins au nom de personnes décédées qui ont été déposées. C’est de la manipulation."


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À différents endroits, des manifestants pro-Trump ont dénoncé d’autres faits "irréguliers" selon eux comme des pancartes obstruant la vue des observateurs lors du dépouillement, des bulletins post-datés ou le vote d’électeurs n’habitant pas dans la circonscription dans laquelle ils ont voté.

Toutes ces démarches judiciaires débuteront "ce lundi" a promis le président Trump peu après l’annonce de la victoire de Joe Biden par les médias américains.

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Rudy Giuliani, l’avocat de Donald Trump, a donné une conférence de presse ce samedi annonçant que des recours en justice allaient être lancés. © Tous droits réservés

Une période de transition

Malgré ce passage devant la justice, Donald Trump va devoir préparer sa succession. Suite à cette victoire de Joe Biden, le président républicain devra en effet quitter la Maison Blanche le 20 janvier prochain. Les Etats-Unis entrent donc dans une période de transition entre deux présidents, où l’un et l’autre vont travailler de leur côté.

Une période qui peut toujours révéler son lot de surprises. C’est habituellement durant cette dernière que les présidents sortants prennent leurs décisions les plus impopulaires. Mais connaissant Donald Trump, les Américains craignent aujourd’hui qu’il ne sabote cette transmission du pouvoir. Il s’est d’ailleurs engagé à plusieurs reprises à ne pas assurer une transition "pacifique". Et cela pourrait se faire à plusieurs niveaux selon Politico, le média politique basé à Washington.


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Tout d’abord, "l’une des craintes les plus répandues est que la Maison Blanche cesse tout effort pour combattre la pandémie de coronavirus, peut-être en ralentissant la recherche d’un vaccin ou en abandonnant toute initiative du Congrès visant à relancer l’économie encore en difficulté."

Une autre mesure forte pourrait être le fait que le président accorde le pardon présidentiel à un grand nombre de ses proches. Il s’est toujours entouré d’eux et il ne serait donc pas étonnant qu’il les "remercie" avant son départ de la Maison Blanche. Ce serait "une façon pour lui de récompenser ses amis, de protéger sa famille ou encore d’obtenir les faveurs de ceux qui pourraient l’aider une fois qu’il aura quitté la vie publique", ajoute Politico.

Ce grand nombre de pardons ne serrait toutefois pas une première. En 2001, Bill Clinton avait gracié pas moins de 140 personnes le tout dernier jour de son mandat.

Enfin, une mesure qui paraît vraisemblable mais qui compliquerait beaucoup de choses, serait le fait que le républicain refuse catégoriquement de coopérer avec Joe Biden. Il pourrait notamment inciter les agences gouvernementales à ne pas transmettre certaines informations aux équipes de Joe Biden selon CNN.


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Mais les équipes de campagne de Joe Biden se préparent depuis des semaines à cette réaction. Ils ont donc d’ores et déjà travaillé pour facilité cette transition. De plus, une loi américaine oblige l’ensemble des ministères de préparer le passage de relais au gouvernement suivant, pour qu’ils soient directement opérationnels le jour de l’investiture du nouveau président.

On le voit donc, Joe Biden devra plus que probablement travailler en solitaire, tout en déminant les bombes que le président sortant risque de lui laisser.

 

Archive : JT de 19h30 du 7 novembre 2020

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