Présidence de la Commission européenne: le bras de fer entre le Parlement et le Conseil

European leaders attend the first day of a European union summit in Brussels on December 14, 2017.
European leaders attend the first day of a European union summit in Brussels on December 14, 2017. - © LUDOVIC MARIN - AFP

C’est un véritable bras de fer qui s’annonce entre le Parlement européen et les chefs d’Etat et de gouvernement pour désigner le futur président de la Commission européenne. Qui décident vraiment ? Quels sont les enjeux ? Pour Sébastien Maillard, directeur à l'Institut Jacques Delors, c'est le Conseil européen qui a la main. 

Qui décident ? Que disent les traités ?

"Le Conseil européen doit proposer un nom au Parlement européen en tenant en compte des résultats des élections européennes. Mais, les traités ne disent pas qu’il doit forcément prendre le chef de file de la famille politique européen arrivée en tête. C’est une interprétation que le Parlement européen a faite en 2014 pour l’élection de Jean-Claude Juncker. Cette année, les résultats sont plus éclatés. Il y a beaucoup de gagnants mais pas un seul vainqueur. Il y a aucun nom qui s’impose. Cela donne donc plus de marge de manœuvre aux chefs d’État et de gouvernements pour trouver un nom.", analyse Sebastien Maillard. 

Pourquoi ce poste de président de la Commission est-il tant convoité ?

"Historiquement, c’est le grand poste de l’Union européenne. Lorsqu’on est à la tête de la Commission européenne, on a le monopole d’initiative. On peut proposer la législation des directives et des règlements qui ensuite seront débattus, amendés et votés par les députés européens et le conseil européen. C’est un enjeu majeur d’être le président de la Commission européenne. On l’a vu lorsqu’il y a des décisions pour des fusions d’entreprises comme Alstom ou Siemens.", expose le directeur de l'Institut Jacques Delors à Paris. 

Un accord pour le 21 juin ?

"C’est ce que Donald Tusk, le président du Conseil européen, voudrait. Plus ça dure, plus l’Union européenne s’affaiblit aux yeux du monde. On a un petit peu de temps puisque la Commission est en poste jusqu’au 1er novembre. Mais, il faut tout de même avancer parce qu'une fois qu’on a le président de la Commission, ce n’est pas fini. Le président, lui-même, doit composer sa commission avec les autres commissaires européens. Chacun doit être auditionné par le Parlement européen et ensuite l’ensemble de la Commission doit faire l'objet d'un vote de confiance.", précise Sébastien Maillard. 

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Ecoutez ici, l’intégralité de l’interview de Sébastien Maillard, dans La Semaine de l’Europe 

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