Près de 200 morts en un mois dans un camp de déplacés au Nigeria

Une équipe de MSF a pu se rendre mardi pour la première fois dans le camp de Bama, à 70 km de la capitale de l'Etat de Borno, Maiduguri, où quelque 24 000 déplacés, dont 15 000 enfants, vivent.
Une équipe de MSF a pu se rendre mardi pour la première fois dans le camp de Bama, à 70 km de la capitale de l'Etat de Borno, Maiduguri, où quelque 24 000 déplacés, dont 15 000 enfants, vivent. - © STRINGER - AFP

Près de 200 personnes sont mortes en un mois dans un camp de déplacés ayant fui les exactions des djihadistes de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, a rapporté mercredi l'organisation Médecins sans frontières (MSF), évoquant des besoins humanitaires "au-delà de l'imaginable".

Une équipe de MSF a pu se rendre mardi pour la première fois dans le camp de Bama, à 70 km de la capitale de l'Etat de Borno, Maiduguri, où quelque 24 000 déplacés, dont 15 000 enfants, vivent "dans une situation sanitaire désastreuse", a indiqué l'ONG.

Sur plus de 800 enfants examinés, environ 19% étaient atteints de malnutrition aiguë sévère. Seize enfants, en état de risque immédiat de mort, ont été transférés dans un centre médical de Maiduguri, a ajouté MSF.

L'équipe a aussi dénombré dans le cimetière situé près du camp 1233 tombes creusées au cours de la dernière année, dont 480 sépultures d'enfants.

En un mois, depuis le 23 mai, au moins 188 personnes sont mortes dans le camp, ce qui correspond à près de six personnes décédées par jour, principalement de diarrhée et de déshydratation, a ajouté l'ONG française.

"Les besoins de la population sont au-delà de l'imaginable. Bama est en partie coupée du monde et tous les habitants, de la ville et des alentours se sont regroupés dans ce camp", a déclaré Ghada Hatim, chef de mission pour MSF au Nigeria.

"Les déplacés nous ont parlé d'enfants morts de faim, de nouvelles tombes creusées quotidiennement. Elles (les personnes déplacées, ndlr) ont compté certains jours plus de 30 personnes décédées de faim et de maladies. Ces taux de mortalité montrent à quel point la situation est critique, bien au-delà des seuils d'urgence", a ajouté cette responsable.

Les autorités de l'Etat de Borno et les organisations humanitaires internationales ont déjà lancé l'alerte sur l'état de malnutrition dont souffrent les déplacés du nord-est du Nigeria et de la région du lac Tchad qui ont fui les attaques des islamistes armés nigérians de Boko Haram.

Le 15 juin, le gouvernement du Borno avait dit avoir transféré de Bama à Maiduguri près de 700 personnes souffrant de malnutrition, en majorité des enfants.

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