Près de 20.000 manifestants antigouvernementaux en Géorgie

Des manifestants réunis devant le Parlement géorgien à Tbilissi lundi 25 novembre 2019 pour réclamer la démission du gouvernement et des élections anticipées
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Des manifestants réunis devant le Parlement géorgien à Tbilissi lundi 25 novembre 2019 pour réclamer la démission du gouvernement et des élections anticipées - © Vano SHLAMOV

Près de 20.000 personnes se sont rassemblées en Géorgie lundi pour renforcer la pression sur le parti au pouvoir, de plus en plus contesté après la répression policière de la semaine précédente.

Tenant des drapeaux de la Géorgie et de l'Union européenne, les manifestants ont défilé dans le centre de la capitale Tbilissi, en scandant "Changement!" et "Démission!" Puis ils se sont rassemblés devant le Parlement, dont ils ont bloqué les entrées.

Réclamant la démission du gouvernement et des élections législatives anticipées, ce mouvement de protestation avait commencé la semaine précédente après le rejet par les députés d'un projet de loi prévoyant la suppression du mode de scrutin mixte et l'introduction de la proportionnelle pour les élections législatives d'octobre 2020.

Les partis d'opposition ont à cette occasion affiché une rare union contre le parti du Rêve géorgien, au pouvoir et présidé par le puissant oligarque Bidzina Ivanichvili, qu'ils accusent d'avoir fait échouer le projet de loi à dessein.

"Les protestations de masse vont continuer jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites", a déclaré à l'AFP Levan Berdzenichvili, qui dirige le Parti républicain (opposition). "Le peuple géorgien et l'opposition tout entière veulent contraindre le parti au pouvoir à adopter un système électoral juste".

Bravant une température glaciale, des centaines de manifestants, dont de nombreux jeunes, étaient toujours sur place tard dans la nuit, beaucoup dansant sur des musiques électroniques.

Les protestataires continuaient à bloquer les entrées du Parlement et promettaient d'empêcher les députés d'entrer dans le bâtiment où une session plénière doit se tenir mardi.

Dans les premières heures de mardi, la police a arrêté cinq manifestants et a brièvement détenu deux influents députés d'opposition, Giga Bokeria, du parti Géorgie européenne, et Tengiz Gunava, de la principale formation de l'opposition, le Mouvement national uni.

"Le gouvernement a perdu le soutien populaire et se repose uniquement sur la force policière", a déclaré à l'AFP une manifestante, Elene Mikadze, 21 ans.

La chaîne de télévision Mtavari TV, favorable à l'opposition, a annoncé que des policiers anti-émeutes avaient été déployés en grand nombre dans un espace souterrain du parlement ainsi que dans le bâtiment qui abrite le bureau du Premier ministre.

L'opposition estime que le système électoral actuel favorise le parti au pouvoir, qui dispose de 77% des sièges au Parlement après avoir obtenu 48,7% des suffrages lors des élections de 2016.

Jeudi, dix manifestants avaient été condamnés à de courtes peines de prison pour "désobéissance" aux forces de l'ordre lors d'un rassemblement devant le Parlement dispersé par la police avec des canons à eau.

Les ambassades des Etats-Unis et de l'Union européenne à Tbilissi ont critiqué la semaine dernière le fait que le Rêve géorgien n'a pas introduit la réforme électorale, et elles ont exprimé leur solidarité avec les manifestants.

L'introduction de la proportionnelle était une promesse du Rêve géorgien faite en juin pour mettre fin à une vague de protestation déclenchée par la participation de députés russes à un forum au Parlement géorgien, alors que les deux pays se sont opposés au cours d'une courte guerre en 2008.

Le 17 novembre, plus de 20.000 manifestants s'étaient déjà rassemblés à Tbilissi pour la plus grande manifestation d'opposition de ces dernières années.

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