Première mondiale: le Luxembourg anticipe la mobilité de demain avec la gratuité des transports

Au 1er mars 2020, les transports en communs grand-ducaux deviendront gratuits… enfin presque. Les trains, les bus, les trams, ainsi que le service pour les personnes handicapées, ne nécessiteront plus d’abonnement.

Depuis août 2018, les moins de 20 ans avaient déjà accès à cette gratuité grâce à une carte appelée Mycard, mais cette fois la gratuité va se généraliser pour tout le monde. Le gouvernement de Xavier Bettel s’est donné la mobilité comme priorité et met donc en place ce projet : être le premier pays du monde avec des transports en communs gratuits.

Cependant certaines choses demeureront payantes, comme la première classe dans les trains ou les voyages transfrontaliers. Le Luxembourg a effectivement beaucoup de lignes de bus et trains qui partent ou vont vers ses voisins belges, français et allemands.

Mais les prix ont tout de même été revus à la baisse grâce au financement grand-ducal. Un travailleur frontalier belge va donc payer son abonnement mensuel 53 euros au lieu de 82 à partir du 1er mars. Attention tout de même que lorsque vous prenez un train de la SNCB d’Arlon à Luxembourg, vous payerez le tarif opéré par la société belge et non pas le tarif réduit que le Luxembourg met en œuvre dès dimanche. Prendre un train de la CFL est impératif pour bénéficier de ces tarifs réduits.

Pour les Français partant de Thionville ou un Allemand au départ de Trêves, leurs abonnements mensuels coûteront respectivement 45,5 euros et 49 euros au lieu de 88 et 85 euros. Une seconde zone plus éloignée est d’application pour les frontaliers allemands de Sarrelouis et Sarrebruck.

Cette gratuité ne signifie pas non plus la fin de la première classe : un abonnement à 660 euros/par an (75 euros/mois) reste disponible pour les voyageurs. Ce prix pour les voyageurs désirant cette option ne varie pas avec l’entrée en vigueur de la mesure du 1er mars.

Un #challenge pour 2025

En 15 ans (de 2003 à 2018) le Grand-Duché du Luxembourg a connu une hausse de 70% du nombre d’utilisateurs des transports en communs. À coups d’investissements colossaux et de grands projets comme celui du tram de Luxembourg ville, le pays veut anticiper. Le ministère de la mobilité et des travaux publics a détaillé son budget 2020 et l’impressionnante part dédiée à la planification de la mobilité.

Cette politique est considérée comme un challenge par cette coalition qui rassemble les socialistes, les démocrates et les Verts. Le pays a connu une croissance de 40% dans sa population durant les 20 dernières années, loin derrière les 12% de la Belgique. Cet État de 600.000 habitants voit débarquer chaque jour un total de 214.000 navetteurs. Ces explosions démographiques ont poussé le Luxembourg à anticiper massivement sa future mobilité.

Mais en rendant gratuit un réseau déjà très chargé dont l’anticipation est récente, comment savoir si celui-ci n’attendra-t-il pas une surcharge ? " Nous prévoyons que les besoins de mobilité augmenteront de 20% d’ici 2025. Nous devrions être en mesure de faire face à cette augmentation en développant continuellement les transports publics" répond le Ministère de la Mobilité et des Travaux publics.

Des problèmes comme celui des parkings de délestage sont tout de même pointés du doigt. Une saturation qui pourrait s’accentuer, bien que le Ministère de la mobilité suive la situation et compte faire le point dans un an. Une surveillance des affluences sera aussi faite durant la première année de cette gratuité.

Le coût de la gratuité

Cette mesure coûte directement 41 millions d’euros. Mais cette baisse des recettes ne représente que 8% du budget 2020 pour la mobilité (500 millions d’euros). Les investissements massifs expliquent le faible pourcentage que représentent les billets dans cette manne budgétaire. Cette diminution des recettes a donc été prise en compte dans le budget national et sera financée par des impôts.

D’ailleurs, le Luxembourg a pour la première fois atteint le cap de 20 milliards d’euros de budget, en restant proche de l’équilibre. Il passe aussi sa dette en dessous des 20%.

Étant donné la diminution du prix des billets et abonnements pour les frontaliers, ceux-ci ne seront donc pas les bons payeurs de cette mesure sans précédents. Doubler les parkings Park + Ride est aussi prévu pour 2025, aussi bien à l’intérieur du pays que dans les zones frontalières.


>> À lire aussi : Le Luxembourg devient le premier pays au monde à proposer ses transports en commun gratuitement


En plus de cet investissement à 2,2 milliards entre 2018 et 2023, le ministre François Bausch veut une flotte de bus 0 émission pour 2030.

Ces mesures et investissements ont un objectif écologique, souhaité par la coalition en place depuis décembre 2018.

 

Si vous vous posez des questions, certaines réponses se trouvent sur le site du Ministère de la Mobilité et des Travaux publics. En Belgique la question s’est déjà posée et des experts ont pris position.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK