Première: la Commission européenne suspend les règles budgétaires en raison de l'épidémie de coronavirus

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé vendredi la suspension inédite des règles de discipline budgétaire de l'UE, afin de donner aux États membres la possibilité d'investir lourdement dans la lutte contre le coronavirus et dans la réponse aux conséquences socio-économiques de la crise.

Ceci est nouveau et n'a jamais été fait auparavant

"Aujourd'hui - ceci est nouveau et n'a jamais été fait auparavant - nous activons la clause dérogatoire générale", a-t-elle annoncé dans un message vidéo sur Twitter. "Cela signifie que les gouvernement nationaux de l'UE peuvent injecter dans l'économie autant qu'ils en auront besoin. Nous assouplissons les règles budgétaires pour leur permettre de le faire", a insisté Mme Von der Leyen.

En temps normal, le Pacte de stabilité et de croissance contraint les États membres à garder sous contrôle leur dette et leur déficit publics. Selon ses termes, les déficits publics ne devraient pas dépasser les 3% du Produit intérieur brut (PIB) et les gouvernement doivent respecter une trajectoire de retour à l'équilibre structurel. La dette publique, elle, ne devrait pas dépasser les 60% du PIB, à moins de se réduire suffisamment chaque année.

Pour surveiller tout cela, la Commission conclut des accords avec les Etats membres. Ce sont ces pactes qui seront suspendus par la clause dérogatoire générale, qui avait été introduite en 2011 lors des crises financière et de la zone euro.

J'ai dit que nous ferions ce qui serait nécessaire pour soutenir les Européens

Car la crise du coronavirus génère un énorme besoin de soutien public. "Le confinement est nécessaire pour contenir le virus, mais il ralentit considérablement notre économie", confirme Mme Von der Leyen. Rien qu'en Belgique, les mesure prises par le gouvernement fédéral feront porter son effort budgétaire total à 8 à 10 milliards d'euros pour 2020. "J'ai dit que nous ferions ce qui serait nécessaire pour soutenir les Européens et l'économie européenne, nous avons tenu parole", a jugé Ursula von der Leyen, ajoutant que "ce n'est pas fini".

Elle a rappelé la décision confirmée jeudi soir d'assouplir considérablement les règles encadrant les aides d'État aux entreprises, l'action de la Banque centrale européenne (BCE) - un plan d'urgence de 750 milliards d'euros - ainsi que les 37 milliards d'euros disponibles dans le budget de l'UE pour les soins de santé, les entreprises et les emplois dans le cadre de la crise. L'UE dispose de la sorte d'une "puissance de feu" pour soutenir l'économie, a-t-elle fait valoir.

Les 27 ministres des Finances de l'UE doivent encore valider cette suspension lors d'une vidéoconférence la semaine prochaine.

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