Première halte pour les Diables rouges: Sotchi, la vitrine russe (carte)

Cette fois, c'est donc parti : la Russie est pays hôte de cette Coupe du monde de football 2018, pour un total de 64 matches, répartis entre du 14 juin au 15 juillet. Trois millions de tickets déjà vendus; 2 millions de visiteurs étrangers attendus dans 11 villes et 12 stades. Avec un budget, déjà dégagé et dépensé largement pour les préparatifs, de quelque 480 milliards de roubles, soit quasi 7 milliards d'euros... 

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Mais pendant un mois, l'enjeu sera autant politique que sportif côté russe, pour compenser notamment un déficit d'image du pays, au centre d'une série de tensions diplomatiques. La Coupe a été attribuée en 2010. Depuis, la crise ukrainienne, l’annexion de la Crimée, l’affaire Skripal d’empoisonnement d’un ex-agent russe à Londres, sont passés par là. La compétition sera donc aussi une vaste opération de marketing politique international, la vitrine sportive d’un pays sûr, sous la supervision d’un omni-président Vladimir Vladimirovitch Poutine à peine réélu en mars pour un quatrième mandat. 

L'occasion pour nous de partir à la découverte des coulisses de cette Coupe du Monde, à la découverte d'une partie de cette Russie, avec un "petit" détour notamment par Sotchi, dans le sud de la Russie, sur les côtes de la Mer Noire ; Sotchi où nos Diables s'en iront affronter Panama ce 18 juin. 

Sotchi, l'Olympique hôte du football

À 3360 kilomètres de Bruxelles, à 1620 kilomètres au sud de Moscou, Sotchi – 450.000 habitants –, c'est d'abord la "capitale balnéaire" de la Russie. Des plages de sable et de graviers, un microclimat particulier. Bref, une station prisée des Soviétiques déjà qui aimaient se prélasser sur les bords de la Mer Noire. Sotchi, le "Grand Sotchi", c'est 40 kilomètres de côtes. À l'ouest, Sotchi-ville, le centre historique, avec ses anciennes villas, ses hôtels, ses restaurants, la gare ferroviaire, mais aussi le port, la gare maritime, la promenade le long de la mer avec ses boutiques, des gratte-ciel modernes aussi et en périphérie des datchas (dont celle de Staline, transformée en musée ; celle du président Poutine aussi).

Mais Sotchi, c'est aussi la "capitale olympique" russe depuis les Jeux d'hiver de 2014. Une capitale des neiges née après des travaux colossaux qui en ont résolument changé la physionomie : rénovation du centre-ville, mais aussi et surtout construction de ponts, d'autoroutes, de tunnels, construction d'une gare et d'un aéroport international, création d'une station de montagnes Krasnaya Polyana. Et là, c'est la partie est de Sotchi qui a été fortement transformée, soit Adler. Adler où aujourd'hui se trouvent toujours le parc olympique : une vaste esplanade toujours dominée par les mâts coiffés des drapeaux du monde entier et par la vasque qui a accueilli la flamme olympique ; les stades de hockey, de curling, de patinage, et bien sûr le Stade Ficht qui a reçu cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux en 2014 et qu'il a fallu transformer en stade de football (45.000 places) à grand renfort de roubles. 

Des destins chamboulés par les Jeux... et inchangés

Reste que les travaux des J.O. ont laissé des traces et changé aussi le destin d'une série d'habitants que nous avons rencontrés, victimes des chantiers titanesques d'alors : habitants de cette rue des maisons qui "glissent" sur les hauteurs de Sotchi ; habitants chassés et qui ont vu leur maison rasée, car situées en "zone olympique" tel Andréi Martynov ; ou encore ces habitants d'Akhshtyr, petit village de montagnes à une vingtaine de kilomètres du centre de Sotchi. Des habitants privés d'eau, privés de transports publics depuis que leurs routes ont été défoncées par les camions venus chercher des pierres dans leur carrière local au profit des chantiers des Jeux. Autant d'habitants dont le sort ne va pas véritablement changer sur fond de Coupe du Monde, alors que les feux de l'actualité vont à nouveau revenir dans leur région...

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