Premier épicentre de la pandémie de Coronavirus en Italie, Codogno redoute la seconde vague

Premier épicentre de la pandémie de Coronavirus en Italie, Codogno redoute la seconde vague
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Premier épicentre de la pandémie de Coronavirus en Italie, Codogno redoute la seconde vague - © CARLO HERMANN - AFP

La rouverture de l'ancienne zone protégée de Codogno (Lodi) où la première infection à coronavirus a été découverte il y a plus d'un mois en Italie aurait causé de nouveaux cas de positivité à Covid-19. Les autorités locales et les habitants redoutaient ce scénario, il semble en train de s'avérer si l'on se réfère à nos confrères du Corriere della Sera et au maire local. 

Après des semaines de déclin progressif des contagions, la tendance serait repartie à la hausse dans la province de Lodi. "Nous avons six nouveaux cas positifs positifs", explique Francesco Passerini, maire de Codogno et président de la province de Lodi. "Ces derniers jours, nous nous étions arrêtés à 268 cas. Un signe que les interdictions introduites avec la zone rouge avaient fonctionné". Selon lui, tous les efforts consentis par les habitants de Codogno ont été mis à mal par le décret gouvernemental du 8 mars dernier qui abolissait la zone rouge initiale, élargissant le périmètre et assouplissant les règles en vigueur. 


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Les contaminés "du dehors"

Premier épicentre de la première phase de la pandémie, Codogno avait réussi à ne plus avoir de nouveaux cas de contaminations, jusqu'à la rouverture de la zone rouge. "Quel est l'intérêt de tout fermer si alors, dès que les premiers résultats positifs arrivent, vous vous donnez la possibilité de rouvrir des magasins et de vous déplacer pour travailler pratiquement partout?", se demande le maire. Car avec la réouverture des postes stricts de contrôle, Codogno et les huit autres municipalités confinées intialement redoutaient de voir (re)venir des personnes extérieures, susceptibles deprovoquer une nouvelle vague d'infection.


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L'exemple chinois ? 

Le problème de la fin des zones de confinement est loin d'être secondaire, et cela les Chinois l'ont d'ailleurs bien compris, eux qui ont décidé de verrouiller leurs frontières aux personnes en provenance de l'étranger, cela a afin de réduire au maximum, idéalement à néant, les risques d'une nouvelle vague. Dans cette région de la Lombardie comme en Chine, les autorités semblent donc conscientes de l'importance des mesures très strictes mais également de la nécessité de les faire suivre par d'autres mesures raisonnées et progressives. 


L'urgence n'est pas derrière nous 

L'Italie, mise à genoux par le fléau du coronavirus, avait  enregistré ces derniers jours une légère baisse dans le taux de croissance (exponentielle), alimentant l'espoir prudent d'un réel ralentissement de la pandémie. Mais des données récentes tendent à prouver que le SARS-CoV-2 pourrait revenir frapper dans les mêmes zones. "Il n'y a pas d'effet d'immunité du troupeau, l'isolant protège contre la propagation du virus, mais c'est uniquement grâce au vaccin qu'il est possible de créer réellement une immunité diffuse. Malheureusement, nous sommes encore très loin de cette perspective", ajoute Francesco Passerini.

Une position nuancée par Giulio Gallera, responsable de la Santé au sein du gouvernement régional de Lombardie (Nord), la région italienne la plus touchée où se situent Lodi et Codogno: "Ce n'est pas encore le moment de crier victoire, mais nous voyons une lumière au bout du tunnel". De son côté, le ministre de la Santé Roberto Speranza a averti que les journées actuelles étaient cruciales, demandant aux Italiens de ne surtout pas baisser la garde.

Autre motif d'espoir: le patient italien n°1, Mattia, 39 ans, qui avait contaminé sa femme enceinte, un ami, ainsi que ses médecins, a finalement quitté l'hôpital cette semaine. Il avait aussi infecté du personnel sanitaire de l'hôpital de Codogno ainsi que des patients et leur entourage.

Serrer la vis, petit à petit

Pour accroître les chances du pays de sortir au plus vite de la pandémie, le gouvernement ne cesse d'étendre par décret les mesures de confinement, mettant notamment à l'arrêt toutes les industries de production non essentielles et interdisant désormais aux Italiens de sortir de leur commune, sauf en cas "d'urgence absolue" ou pour "raison de santé". Les forces de l'ordre, omniprésentes, ont aussi intensifié les contrôles. L'objectif est de limiter au maximum la circulation des personnes. La grande majorité des Italiens semblent à présent accepter et respecter les mesures restrictives comme le montrent les rues désertes partout en Italie.

Selon un sondage publié par le quotidien La Repubblica, 94% des personnes interrogées jugent "positives", voire "très positives", les mesures adoptées par l'exécutif italien. En outre, pour 46% d'entre elles, l'Italie fait mieux que les autres pays européens face à cette crise historique. Une opinion renforcée par le témoignage du patient-1 "Il est possible de guérir de cette maladie mais il faut rester à la maison, la prévention est essentielle. J'ai eu de la chance, j'ai été soigné mais maintenant cela pourrait ne plus être possible", a-t-il témoigné sur Facebook.

Reportage du 22/03/2020 - Bergame, la ville martyre qui ne compte plus ses morts

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