Pourquoi Tesla est fragilisée par son patron Elon Musk

L'emblématique patron de Tesla Elon Musk, est contraint de quitter son fauteuil de président. Il en restera le directeur général, mais il devra verser une amende 20 millions de dollars. C’est ce qui a été convenu avec la Securities and Exchange Commission (SEC), dans le cadre d’un accord à l’amiable.

Le gendarme de la Bourse de New York accuse Elon Musk d’avoir publié en août dernier, des tweets ‘faux et trompeurs’ qui ont induit en erreur les investisseurs. Des postes qui évoquaient un projet de rachat de son groupe pour 420 dollars l'actions, suivi d'un retrait de la Bourse.

Les réactions n’ont pas attendu. Lors de la séance boursière du lendemain, le titre Tesla s’est immédiatement effondré abandonnant près de 14%. Suite à quoi, la SEC a lancé des poursuites à l’encontre de Tesla et son patron.

Selon les termes de cet accord, Elon Musk doit démissionner de ses fonctions de président dans un délai de 45 jours et il n'aura plus le droit d'y être réélu pendant trois ans. Tesla devra en outre désigner deux nouveaux administrateurs indépendants au conseil d'administration.      

En signant cet accord, Elon Musk sauve sa place de directeur général et évite un départ présenté par beaucoup d'investisseurs comme potentiellement dévastateur, car le constructeur accumule les pertes financières. "Le fait qu'il puisse rester directeur général est primordial pour le groupe", a réagi Ivan Feinseth de Tigress Financial Partners.

Une succession de dérapages

Elon Musk, symbole de son entreprise et de sa marque, reste donc directeur général de Tesla. Il continuera d'être responsable des opérations du constructeur automobile, au jour le jour. Notamment, pour tenir les objectifs de production de son dernier-né, le Model 3.

Mais depuis plusieurs mois, le groupe est fragilisé par son comportement parfois fantasque. Les actionnaires s’interrogent. En juillet dernier, Elon Musk s’en est pris à un plongeur qui avait sauvé 12 jeunes footballeurs coincés dans une grotte en Thaïlande. Le sauveteur ayant rejeté une de ses idées saugrenues pour rejoindre la grotte, Elon Musk l’a agressé sur Tweeter l'accusant de ‘pédophile’. Le scandale est planétaire. Le tweet fait perdre à l’action Tesla 3.5 points.

En Août, nouveau dérapage. Elon Musk annonce qu’il veut retirer Tesla de la Bourse, avant de ‘changer d’avis’. Mais trop tard, il perd toute crédibilité, l’action chute un peu plus. Pour se justifier, Elon Musk donne une interview au New-York Times dans laquelle il parle de ‘pire année de sa carrière’, il avoue que ses amis s’inquiètent pour lui car il travaille 120 heures par semaine et prend des somnifères... Suite à ces déclarations, l’action plonge une nouvelle fois.

Enfin début septembre, le titre Tesla perd cette fois près de 10% en une séance après que les investisseurs ont appris coup sur coup le départ du directeur comptable du groupe et qu'Elon Musk s'était laissé filmer en train de boire du whisky et de fumer de la marijuana. Une scène qui lui a valu de passer pour un chef d’entreprise, décidément, bien 'instable et irresponsable'.

Un pari risqué

Ce dévissage en Bourse s'avère dangereux car, jusqu'à présent, s’il est un domaine ou Tesla écrase littéralement ses concurrents, c’est au niveau de la capitalisation boursière.

Pourtant, Tesla fait figure de lilliputien à côté des géants automobiles : En 2017, la société n’a vendu que 101 312 voitures électriques. La société a plusieurs fois été au bord de la faillite. Google a failli la racheter.

Elon Musk fait le pari que le moteur électrique supplantera son homologue thermique.

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