Pourquoi Mark Rutte est-il "frugal" au point de bloquer l'Europe ?

Le sommet européen de ces vendredi et samedi patine : le blocage sur le plan de relance européen vient essentiellement de quatre pays, ceux qu’on appelle les "frugaux". A leur tête, le néerlandais Mark Rutte. Autriche, Danemark, Suède sont les autres pays dits frugaux.

Les autres dirigeants tentent depuis plusieurs jours de l’amadouer. Mais il se montre inflexible. Pourquoi le Premier ministre néerlandais est-il aussi intransigeant, à un moment où l’économie européenne est en péril ?

Mark Rutte se veut fidèle à sa réputation d’homme sobre, pragmatique, attentif à ne pas gaspiller les revenus de l’Etat. Son parti libéral, le VVD, a profité dans les sondages de la crise du coronavirus. De bon augure, avant les législatives de l’année prochaine.

Mais des partis populistes antieuropéens sont en embuscade. Le Premier ministre néerlandais ne veut pas leur donner des arguments de campagne.

Devant le Parlement, il y a quelques jours, il a promis de s’opposer à toute subvention européenne en faveur de l’Espagne et de l’Italie, si ces pays ne s’engagent pas dans des réformes. Et il a prévenu qu’il n’était pas optimiste…

Aux Pays-Bas, l’image d’Etats méditerranéens qui dépensent sans compter l’argent européen est fortement ancrée. Ce pays protestant, calviniste, se fonde sur des valeurs comme le travail et la sobriété. La fourmi du nord, face aux cigales du sud.

L’intransigeance de Mark Rutte sera sans doute appréciée par ses compatriotes. Mais en cas d’échec ce week-end à Bruxelles, il risque bien d’être désigné comme LE fossoyeur du plan de relance dont l’économie européenne a d’urgence besoin.
 

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