Pourquoi les autorités américaines craignent une nouvelle attaque du Capitole en ce 4 mars

Washington, la capitale américaine, est à nouveau sur le pied de guerre en ce jeudi 4 mars. Les autorités américaines craignent un nouvel assaut sur le capitole après celui du 6 janvier qui a marqué les esprits du monde entier

Les forces chargées de protéger le siège du Congrès ont signalé une menace :"Nous avons obtenu des informations qui montrent un possible projet d’une milice identifiée visant à forcer l’entrée du Capitole le 4 mars", a averti la police, en affirmant être "préparée pour toutes menaces potentielles". Cette date du 4 mars n’a pas été choisie au hasard par d’éventuels assaillants.

Les théories de QAnon

Avant de comprendre pourquoi cette date du 4 mars, il faut d’abord se demander qui se cache derrière un éventuel nouvel assaut du Capitole. Présents en nombre lors des évènements du 6 janvier, ce sont toujours les conspirationnistes du mouvement QAnon qui se cachent derrière ces rumeurs d’attaque du Capitole. Ces derniers n’ont toujours pas accepté la victoire de Joe Biden lors de l’élection de novembre.

Aujourd’hui, les partisans de ces théories QAnon sont persuadés que ce 4 mars sera le véritable jour de l’investiture de "leur" président, Donald Trump. Le choix de cette date n’est pas un hasard. Par le passé, le 4 mars était en effet la date à laquelle avait lieu l’investiture des nouveaux présidents des États-Unis.

3 images
L’un des meneurs du mouvement conspirationniste QAnon dans le Capitole le 6 janvier 2021. © 2021 Getty Images

Un délai trop long

Jusqu’en 1933, quatre mois séparait l’élection du nouveau président jusqu’au jour de son intronisation (aussi appelé :"Inauguration Day"). Comme on peut le lire dans cet article de France culture, cette période de 4 mois était jugée nécessaire à la fin du XVIIIe siècle pour laisser le temps au nouveau président de se préparer. Elle a cependant été jugée trop longue et néfaste à l’action de l’État par la suite (les Américains surnomment la période de transition la “lame duck session” : la “session du canard boiteux"). En 1933, le XXe amendement à la Constitution a avancé l’investiture au 20 janvier. Ce qui est toujours le cas aujourd’hui.


►►► À lire aussi : Insurrection à Washington : Proud boys, QAnon, Américains en colère… Qui sont les manifestants qui ont forcé les portes du capitole américain ?


Ce 4 mars aurait donc une valeur symbolique pour les conspirationnistes de QAnon. Pour eux, Donald Trump reprendrait le pouvoir ce jeudi. Mais s’il devait reprendre le pouvoir aujourd’hui, toujours selon les thèses conspirationnistes, il deviendrait le 19e président des États-Unis. Pourquoi le 19e et non pas le 46e ou 47e (Joe Biden étant le 46e) ?

La création du District de Columbia

Pour le comprendre, il faut remonter à 1871, année durant laquelle aurait été votée (toujours selon les adeptes de Qanon) une loi secrète.

En 1871, a bel et bien été votée la loi organique du District de Columbia. En résumé, c’est cette loi qui est à la base de la création du District de Columbia, qui est en fait la capitale Washington. Une loi remise en cause par les conspirationnistes qui l’ont donc détournée pour en faire leur propre interprétation.

Ils affirment donc que tous les présidents américains élus après 1871 ne sont pas légitimes. À cette époque, les États-Unis étaient dirigés Ulysses S.Grant, le 18e président. Comme l’explique la BBC, les partisans de QAnon soutiennent donc que chaque président américain, chaque loi et chaque amendement adoptés après 1871 sont illégitimes. Le problème, c’est qu’en suivant ce raisonnement, Donald Trump, le 45e président des États-Unis, ne serait pas légitime non plus.

3 images
Ulysses S.Grant le 18ème président des États-Unis © AFP

Une menace prise au sérieux

Quoi qu’il en soit, ces deux raisons suffisent aux conspirationnistes de QAnon pour espérer une action qui permettrait à Donald Trump de reprendre le pouvoir ce 4 mars. Les adeptes de QAnon se comptent par milliers aux États-Unis. Les autorités restent sur leur garde pour éviter de revivre le même scénario que lors du 6 janvier, tout en restant réalistes sur la dangerosité de cette menace.

Des membres de la Garde nationale patrouillent toujours dans l’enceinte du Capitole, protégée par des barrières et des fils barbelés. Les forces de l’ordre surveillent "de près différentes informations" sur des rassemblements "potentiels du 4 au 6 mars", ont expliqué les responsables de la sécurité au Congrès dans une note au personnel du Capitole.

Etats:Unis: QAnon, mouvement conspirationniste (JT 08/01/2021)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK