Pourquoi l'Arabie saoudite va-t-elle s'ouvrir au tourisme international?

Le lieu dit "Edge of The World", le "bout du monde". Arabie saoudite
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Le lieu dit "Edge of The World", le "bout du monde". Arabie saoudite - © RTBF

Après avoir plusieurs fois reporté son annonce, l'Arabie saoudite, l'un des deniers pays au monde encore fermé aux visiteurs internationaux, a officialisé sa volonté de délivrer ses premiers visas touristiques en décembre 2018. Aujourd'hui, il est toujours impossible de visiter ce pays en dehors des pèlerinages religieux ou des visites liées aux travail.

Ticket de Grand Prix... et visa touristique

Dans un premier temps, les visas seront délivrés uniquement aux détenteurs de billets pour assister à des événements en Arabie saoudite. Le premier sera sportif : un Grand Prix de Formule E, les véhicules de course électriques. La compétition se déroulera entre le 13 et le 15 décembre 2018 dans la vielle ville de Dariya (inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco), située dans le faubourg de Riyad, la capitale. 

"Les fans internationaux de course automobile pourront obtenir un visa de visite de 30 jours pour voyager vers le Royaume d’Arabie saoudite dans le cadre de la course de Formule E 'Saudia Ad Diriyah E-Prix'", avait annoncé, le 12 novembre dernier, l’autorité saoudienne en charge des Sports. Une plateforme en ligne nommée "Sharek" a été mise en place à cette occasion.

Tourisme : quelle est la stratégie de l'Arabie saoudite ? 

Quand on parle de l’Arabie saoudite, la première chose qui vient à l’esprit, c’est le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre dernier, dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul (Turquie), la situation des droits de l'Homme souvent pointée du doigt par les grandes organisations internationales ou la guerre au Yémen... très loin de l'image d'une destination touristique.

Dans ce contexte-là, quelle est la stratégie de l'Arabie saoudite ? Pour Michel Liégeois, professeur de Relations internationales à l'UCLouvain, il s'agit, et "il est temps", dit-il, "d'allumer des contre feux et d'attirer l'attention sur d'autres éléments". Des aspects montrant que ce pays "cherche, néanmoins, cherche à évoluer".

"Cette ouverture, c'est un vrai risque, mais, si les autorités saoudiennes le prennent, c'est parce qu'elles savent que, à long terme, elles n'ont pas le choix. (...) Il n'y a pas d'avenir pour l'économie saoudienne uniquement en s'arc-boutant sur les ressources pétrolières. Il faut une diversification." Laquelle, précise-t-il, "passe aussi par le tourisme".

Ecoutez ci-dessous l'analyse complète de Michel Liégeois :

L'ouverture au tourisme, une question d'image ? 

Cela fait longtemps que l'Arabie saoudite annonce, à intervalle régulier, sa volonté de s'ouvrir au tourisme international. Le premier trimestre 2018 avait été évoqué et puis la décision semble avoir été reportée. En août, Riyad avait annoncé le lancement d'un projet touristique d'envergure: la transformation de plusieurs îles de la mer Rouge en stations balnéaires de luxe, tout comme la mise en valeur de plusieurs sites archéologiques, dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Alors pourquoi les autorités saoudiennes franchissent-elles le pas maintenant ? Est-ce une question d'image ?

"Je ne pense pas qu'une décision aussi fondamentale, avec des conséquences aussi importantes, puisse être prise uniquement pour des questions d'image", estime Michel Liégeois. Mais, estime-t-il, sans doute que, si l'Arabie saoudite avait reporté, "une fois de plus", cela serait revenu à "accréditer l'image d'une société fermée fermée, qui vit sur le passé, alors que nous voulons nous projeter dans un autre avenir".

La réponse complète de Michel Liégeois :

30 millions de touristes par an d'ici 2030 ? 

L'Arabie saoudite mise sur son histoire, son patrimoine et ses paysages pour attirer les touristes. Il y a quelques mois encore, les autorités annonçaient un objectif chiffré : attirer 30 millions de visiteurs par an d'ici à 2030.

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