Pour un ministre italien, recourir à une mère porteuse est un crime sexuel

Pour un ministre italien, recourir à une mère porteuse est un crime sexuel
Pour un ministre italien, recourir à une mère porteuse est un crime sexuel - © ANDREAS SOLARO - AFP

Le recours aux mères porteuses est un crime qui devrait être puni au même titre que les crimes sexuels : par ces propos, le ministre de l'Intérieur italien, Angelino Alfano, a provoqué la polémique mais obtenu la bénédiction de l'Eglise catholique.

La loi italienne considère le recours aux mères porteuses comme un délit passible de deux ans de prison et d'une amende allant de 300 000 à un million d'euros.

"Nous voulons que le recours aux mères porteuses devienne un crime universel. Et qu'il soit puni par de la prison. Comme le sont les crimes sexuels", passibles de cinq à 14 ans de détention, a affirmé M. Alfano dans un entretien à l'hebdomadaire catholique Avvenire publié mercredi.

Le ministre s'exprimait sur le projet de loi créant une union civile pour les couples homosexuels, promis par Matteo Renzi à son arrivée à la tête du gouvernement en février 2014 et qui doit être examiné dans les prochaines semaines par le Sénat.

Contre les mères porteuses et l’adoption du conjoint

Ancien proche de Silvio Berlusconi, désormais à la tête d'un petit parti de centre-droit allié au centre-gauche de Matteo Renzi, Angelino Alfano s'est dit favorable aux unions civiles mais rejette deux dispositions du projet: l'accès à la pension de réversion et surtout la possibilité d'adopter l'enfant du conjoint.

Cette disposition "risque de conduire le pays vers le recours aux mères porteuses, c'est-à-dire vers le marché le plus répugnant que l'homme ait inventé", a insisté le ministre.

Angelino Alfano "devrait réfléchir sur le fait que dire 'moi je ne le ferais pas' ne doit pas devenir 'donc personne ne doit pouvoir le faire'. Prétendre régir des questions aussi délicates en criant 'en prison, en prison !' est toujours une illusion vouée à l'échec", a réagi Emma Bonino, figure de la gauche laïque et radicale, dans les colonnes du Fatto Quotidiano.

"L'incubateur des désirs d'autrui"

Mais l'Eglise catholique appuie le ministre de l'Intérieur: le recours aux mères porteuses "est une pratique dégradante pour la femme, réduite à être l'incubateur des désirs d'autrui", a dénoncé dans la Stampa le cardinal Edoardo Menichelli, archevêque d'Ancona.

"Si l'adoption par l'enfant du conjoint est entérinée, qu'est-ce qui empêchera d'aller à l'étranger, où cette pratique est légale, pour avoir un enfant et revenir ensuite en Italie pour le faire adopter aussi par son partenaire ? Nous pensons que le fait d'avoir un enfant n'est pas un 'droit'", a-t-il martelé.

 

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