Pour le Premier ministre pakistanais, l'Inde est derrière l'attentat de Karachi

Pour le Premier ministre pakistanais, l'Inde est derrière l'attentat avorté de Karachi
Pour le Premier ministre pakistanais, l'Inde est derrière l'attentat avorté de Karachi - © RIZWAN TABASSUM - AFP

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a affirmé mardi n'avoir "aucun doute" que l'Inde était derrière l'attentat avorté lundi contre la Bourse de Karachi, dans un contexte d'hostilité forte entre les deux puissances nucléaires voisines.

"Nos forces de sécurité ont combattu et contrecarré une énorme tragédie qui était planifiée par notre voisin, l'Inde", a déclaré Imran Khan devant le Parlement, sans présenter de preuve.

L'Armée de libération du Baloutchistan (BLA) a revendiqué l'attentat de lundi, au cours duquel trois gardes de sécurité et un policier ont été tués, ainsi que les quatre assaillants. La BLA a déclaré qu'elle visait "l'économie du Pakistan", ainsi que "les intérêts économiques chinois" au Baloutchistan.

"Ce plan, nous n'avons aucun doute, a été perpétré par l'Inde", a insisté Imran Khan.

Le Pakistan blâme depuis longtemps l'Inde pour le financement du mouvement séparatiste du Baloutchistan et d'autres groupes.

L'Inde, quant à elle, accuse le Pakistan de soutenir des groupes extrémistes dans la région disputée du Cachemire et ailleurs. New Delhi n'a pas répondu immédiatement aux commentaires du chef du gouvernement pakistanais.

Accusation de complicité

Le ministère des Affaires étrangères pakistanais avait accusé lundi l'Inde de "complicité dans des actes de terrorisme contre le Pakistan".

New Delhi avait alors déclaré rejeter ces "commentaires absurdes". "Le Pakistan ne peut pas rejeter la faute sur l'Inde pour ses problèmes intérieurs", avait indiqué un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères.

Imran Khan est soumis à une pression interne croissante en raison de sa gestion de la pandémie du nouveau coronavirus et de la faiblesse de l'économie pakistanaise.

L'ancienne star du cricket avait fait scandale jeudi après avoir déclaré que l'ex-leader d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, était mort en "martyr" le 2 mai 2011 lors d'un raid des forces spéciales américaines contre la maison où il se cachait dans le nord du Pakistan.

Imran Khan a longtemps été affublé au Pakistan du sobriquet de "Taliban Khan" pour sa volonté maintes fois répétée de négocier avec les talibans.

Le Pakistan et l'Inde sont à couteaux tirés depuis leur indépendance et leur partition en 1947. Les deux voisins se sont déjà livré trois guerres, dont deux pour le Cachemire, une région à majorité musulmane que les deux pays revendiquent.