Pour l'ONG "Save the Children", l'Europe affaiblit les droits des jeunes réfugiés

Plus de 100 000 enfants sont entrés en Europe rien que l’année dernière. Un tiers d’entre eux ont voyagé seul ou ont été séparés de leur famille. Un voyage souvent risqué, comme le constate l'association internationale "Save the Children ". Selon elle, il existe très peu de voies légales pour rejoindre l’Europe en toute sécurité. Pire, depuis la crise de l’accueil en 2015, l’Union européenne et les Etats membres ont pris des mesures qui ont rendu cette route de l’exil plus périlleuse encore.

Des freins européens

Dans son rapport accablant de 30 pages, "Save the Children", qui milite pour la protection de l'enfance, adresse de nombreux reproches aux européens. Elle pointe notamment du doigt la création, en novembre 2015, d'un fonds pour lutter contre les racines de l'immigration en Afrique. L’Union s’était engagée dans la lutte contre la pauvreté, les conflits, les persécutions. "C’est évidemment très bien", déclare l'ONG. Mais dans le même temps, l'association regrette qu’une partie de cet argent européen soit allée aux contrôles des frontières dans les pays africains. Ce durcissement pousserait les migrants et les réfugiés, hommes, femmes et enfants, à chercher des alternatives, plus dangereuses, en traversant du désert et ensuite la Méditerranée.

Trafiquants, centres fermés et retours forcés

Pour " Save the Children ", la fermeture de la route des Balkans, l’accord Europe-Turquie et l’échec du plan européen de relocalisation, ont jeté des milliers de réfugiés, dont beaucoup d’enfants, dans les mains des trafiquants.


Dans la ligne de mire de l'ONG, on retrouve aussi les fameux hotspots, ces centres créés dans l’urgence en Grèce et en Italie, où les exilés sont enregistrés et introduisent leur demande d’asile. Ces hotspots, dénonce l’ONG, sont souvent devenus des centres fermés, voire des centres de détention qui ne sont appropriés pour les enfants. En Grèce, l'association a constaté des cas d’enfants, complètement déstabilisés, qui s’automutilaient, d’autres qui ont même tenté de se suicider.


Enfin, il y a tous les enfants qui n’ont pas obtenu de protection internationale. Plusieurs Etats membres ont durci leurs politiques de retour pour les personnes venant d’Irak, d’Afghanistan et de Somalie. Or, en Somalie, par exemple, 98% des filles subissent des mutilations génitales. " Save the Children " s’inquiète particulièrement pour les enfants qui retournent dans ces pays.

Une meilleure protection tout le long des routes migratoires

Au-delà des critiques, "Save the Children" dresse une liste de revendications dans son rapport. Tout d'abord, elle réclame que les éventuels retours dans les pays d'origine se fassent seulement sur base volontaire, après information et sans faire usage de la force. L'ONG demande que les Européens tiennent compte de l'existence de système de protection des enfants dans les pays d'origine. Elle voudrait également qu'en Europe, les Etats membres mettent fin immédiatement au détention d'enfants, et enfin qu'ils élargissent les voies légales d'immigration, en ce compris les regroupements familiaux.

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