Pour Gérard Deprez, Trump semble "vouloir casser toutes les porcelaines de l'équilibre mondial"

L'eurodéputé libéral Gérard Deprez est l'invité de La Semaine de l'Europe ce dimanche sur La Prem1ère
L'eurodéputé libéral Gérard Deprez est l'invité de La Semaine de l'Europe ce dimanche sur La Prem1ère - © Bauweraerts. Didier

Donald Trump, dont l'investiture se déroulera ce vendredi à 18 heures (heure belge), entretiendra-t-il de bonne relations avec l'Union européenne ? On peut se poser la question après les interviews du nouveau président des Etats-Unis publiées dimanche dernier dans les quotidiens anglais Times, et allemand Bild. Et cela cinq jours avant d'entrer à la Maison Blanche. Beaucoup imaginait qu'une fois l'élection gagnée, Donald Trump allait laisser de coté son style provocateur. Eh bien, ce n'est pas vraiment le cas. Et aujourd'hui, l'inquiétude gagne les dirigeants européens.

L'Europe n'a pas besoin de conseils extérieurs

Plusieurs dirigeants ont d'ailleurs réagi, plutôt mollement, aux propos de Donald Trump, qui entre autre se félicitait du Brexit. Parmi ces dirigeants, c'est le président français qui se sera montré le plus virulent. François Hollande a rappelé au dirigeant américain que l'Europe n'avait pas besoin de conseils extérieurs pour lui dire ce qu'elle a à faire. Angela Merkel, très mesurée, a simplement rappelé que les Européens avaient leur destin entre leurs mains.

Mais l'élection de Donald Trump n'est-elle pas justement une occasion pour l'Union européenne de prendre enfin son destin en main ? Pour l'eurodéputé belge Gérard Deprez (MR), le problème est plutôt de savoir si les Européens en ont vraiment envie : "Quand on voit ce qu'il se passe maintenant, on ne voit pas se dessiner de perspectives vers un renforcement européen. On voit bien le caractère timoré des propositions de différents chefs de gouvernement qui sont plutôt préoccupés de rapatrier des pouvoirs ou d’accroître leur degré d'autonomie à l'intérieur de l'Union européenne que d'essayer de construire quelque chose ensemble".

Les dirigeants européens sont pétrifiés par leur impuissance collective

Gérard Deprez illustre ses propos en évoquant justement les réactions - ou absence de réaction - des Européens vis à vis des sorties de Donald Trump sur l'Union : "Il est très symptomatique de constater que le seul chef d'Etat qui a eu un langage relativement clair à l'égard des propos inacceptables de Donald Trump, c'est François Hollande, qui part et qui n'a donc plus rien à perdre. Il a déjà tout perdu, donc il peut dire la vérité. Il aurait pu le dire plus fort d'ailleurs. Angela Merkel n'a pas réagi. Les dirigeants européens sont comme pétrifiés par leur impuissance collective à construire quelque chose entre eux. Et par une incapacité à réagir par rapport au reste du monde. C'est un moment pénible pour l'Europe".

Parallèlement aux dirigeants des Etats membres, les présidents des institutions européennes, comme Jean-Claude Juncker pour la Commission ou Donald Tusk pour le Conseil, sont également restés très discrets. Pour Gérard Deprez, cela s'explique notamment parce que les présidents des institutions et le président américain n'ont pas le même statut : "[Donald Trump] a une légitimité démocratique derrière lui. (...) Il a été élu président au terme d'un débat démocratique et d'un vote des citoyens. [Jean-Claude Juncker et Donald Tusk] n'ont pas cette légitimité. Tant qu'on ne se dotera pas, au niveau européen, de dirigeants qui ont une légitimité qui leur permet de parler au nom des citoyens européens, on sera toujours un ton trop bas".

C'est le dirigeant le plus dangereux pour l'équilibre mondial

En juillet 2008, alors que Barack Obama menait campagne pour la présidence des Etats-Unis, il s'était rendu à Berlin où il avait déclaré que l'Amérique n'avait pas de meilleur allié que l'Europe. Aujourd'hui, le ton a nettement changé. Les Etats-Unis et l'Union européenne, toujours les meilleurs alliés du monde ? Ce n'est pas gagné pour Gérard Deprez, même s'il ne faut pas confondre les déclarations du prochain président américain et les politiques qu'il mènera effectivement : "Quand vous voyez toutes les choses qu'il [Donald Trump] a dites ces derniers temps, il donne l'impression qu'il veut casser toutes les porcelaines de l'équilibre du monde actuel. Objectivement, dans ses déclarations - mais je ne sais pas quelles politiques il sera capable de mener - , mais dans ses déclarations, c'est le dirigeant le plus dangereux pour l'équilibre mondial dans les circonstances actuelles".

Réécoutez ci-dessous l'interview complète de Gérard Deprez dans La Semaine de l'Europe

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