Pour fuir le Venezuela une mère et sa fille parcourent plus de 4000 km à pied et en stop

Chaque jour, ils sont 5000 à prendre le chemin de l'exode pour fuir la terible crise que traverse leur pays,  le Venezuela.
C'est le cas de Sandra Cadiz et sa fille de 10 ans.  A pied ou en auto-stop, elles ont quitté Caracas pour rejoindre Lima, la capitale du Pérou. Plus de 4.000 km, soit la même distance qui sépare Bruxelles de Jérusalem par exemple.

"On n'avait rien à manger"

Une couverture sur le dos et quelques sacs. C’est tout ce qu’elles ont. Depuis des heures, elles marchent. Elles ont atteint Pamplona en Colombie. Derrière elles, elles laissent leur pays... au bord du gouffre. 

"On n'avait rien à manger. On n'avait pas de médicaments. Les gens mourraient de maladies", dit Sandra Cadiz, la voix cassée par la fatigue. Toujours au bord des larmes. Elle n'a pas les moyens de se payer un billet d'avion ou même de bus. 

Pas de passeport valable non plus. Alors pour rejoindre sa famille au Pérou, avec sa fille Angelis, elle emprunte les routes illégales. Parfois un camion s'arrête et le chauffeur accepte de les emmener un peu plus loin sur les routes colombiennes. 

Cette nuit-là, elles dormiront, à même le sol, dans une station service désaffectée. Angelis ne veut pas se laisser abattre. "J'ai l'habitude maintenant de dormir par terre." Pour manger, Sandra et sa fille dépendent de la charité. Qui leur apporte de la nourriture et parfois aussi un peu d'argent.

La fin du trajet en bus

Après quelques jours, Sandra a réussi à rassembler 80 dollars. Elle achète des billets de bus vers l'Equateur d'abord puis vers le Pérou. Avant d'entamer un trajet qui va durer 20 heures, Sandra est soulagée, elle espère rattraper un peu de sommeil.  

"J'ai mal partout. Je suis pressée d'arriver à destination pour me reposer au moins une journée." Mais une fois arrivées au Pérou, Sandra et sa fille doivent prendre un autre bus. Pour un trajet de 18 heures supplémentaires. 

Lima, la délivrance

Et puis, enfin, la délivrance après plus de 4000 km. A Lima, Sandra retrouve son fils et sa belle-fille. "Nous ne sommes pas venues ici parce qu'on le voulait, mais pour trouver ce qu'on n'aura jamais au Venezuela", glisse Angelis.

Mais après les sourires et la joie des retrouvailles, très vite, les larmes reviennent. Au bout d'un mois passé à Lima, Sara est toujours sans emploi.

"Je ne trouve pas de travail. C'est difficile pour moi et ma fille. Il y a des hauts et des bas." Elle craque et ne parvient pas à retenir ses larmes.

Aujourd'hui, mère et fille vivent dans un refuge pour migrants avec à peine de quoi survivre. Sandra et Angelis ont quitté l'enfer vénézuélien, mais à Lima, elles sont encore bien loin du paradis.

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