Pour François Hollande, "si on aime la France, on doit la servir"

"Vous pensez que je vais commenter les propos des uns et des autres, acteurs, actrices pour lesquels j'ai grande admiration, notamment pour Catherine Deneuve, comme d'ailleurs pour Philippe Torreton et même pour Gérard Depardieu", a déclaré François Hollande, interrogé sur la polémique au sujet de Gérard Depardieu au micro d'Europe 1.

"Ne me demandez pas de participer à une polémique, ce n'est pas ma place", a-t-il ajouté.

Dans une courte tribune parue vendredi dans Libération, Catherine Deneuve critique les reproches adressés à Gérard Depardieu par Philippe Torreton, déjà dans une tribune à Libération. L'acteur avait livré une violente charge contre l'interprète de Cyrano dont les "sorties de route vont toujours dans le même fossé: celui du 'je pense qu'à ma gueule'".

L'annonce fracassante par l'acteur des "Valseuses" de son installation en Belgique a déclenché une vive controverse, plusieurs ministres fustigeant l'attitude de l'acteur alors que la droite en profitait pour dénoncer les choix fiscaux du gouvernement socialiste.

Pour François Hollande, "si on aime la France, on doit la servir".

"Face à la difficulté, je ne veux pas opposer les uns aux autres, je veux que tout le monde soit respecté", a ajouté le chef de l'Etat, en rappelant que "notre niveau de fiscalité, hormis les 75% (taux appliqué aux contribuables déclarant plus d'un million de revenus par an, ndlr), n'est pas plus élevé que dans la plupart de nos pays voisins".

"Mon devoir, c'est de m'occuper de toute la France, pas simplement de dénoncer celui qui est parti, de le stigmatiser ou de le prier de revenir", a enchaîné François Hollande, s'exclamant: "c'est quand même une fierté d'être français !"

"La France, c'est un grand pays, ce n'est pas le moment de dire qu'il est terminé, fini. Non, tout commence !", a même lancé le chef de l'Etat sur Europe 1, démentant la fin du monde annoncée par des oiseaux de mauvais augure.

François Hollande prédit une année 2013 "dure"

François Hollande a prédit lors de sa première interview radiophonique comme président, une année 2013 difficile, quelques jours seulement avant son intervention pour les voeux de fin d'année.

L'entretien se déroulait dans la foulée de son déplacement en Algérie avec quelques heures de sommeil seulement mais "c'est le rôle du président de la République de dormir peu, mais de décider bien", a-t-il dit.

Tout en maintenant son objectif d'inverser la courbe du chômage "à la fin de l'année 2013", il a souligné que "le chômage ne va cesser d'augmenter" d'ici là et que "ça va être pour les Français".

"La vérité c'est que nous avons eu une année 2012 très difficile" avec en particulier la crise de la zone euro et que "l'année 2013 reste encore entachée par les choix de ces dernières années", a-t-il dit, à propos des faibles prévisions de croissance de l'Insee pour les deux premiers trimestres (0,1%).

Soulignant qu'en arrivant au pouvoir, il "savait que la situation était grave", le chef de l'Etat a martelé sa volonté de "donner confiance" au Français "tout en leur dire la réalité des choses": "Ca va être dur pour les Français, dur pour le président de la République" mais "on va s'en sortir parce qu'on met tous les moyens pour ça", a-t-il lancé évoquant une obligation de réussir "sûrement encore plus lourde" en période de "croissance très faible" et de progression du chômage en Europe.

"C'est un moment historique pour notre pays, il peut décliner, il peut décrocher ou il peut poursuivre sa marche en avant. Eh bien moi j'ai choisi d'aller en avant!".

"Ce que je veux éviter, c'est qu'on puisse avoir un doute sur la France", a-t-il poursuivi en direction des marché et des investisseurs alors que la note de dette de la France a déjà été dégradée par deux agences financières.

François Hollande a aussi fermement appelé les partenaires sociaux et "le patronat en particulier", à trouver un compromis sur la réforme du marché du travail. "Je préfère qu'il y ait un peu plus de temps et un accord que tout de suite et pas d'accord", a concédé le président, qui, initialement, avait souhaité que la négociation aboutisse avant la fin de l'année 2012.

Avec AFP

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