Portugal: grève générale contre l'austérité, le pays au ralenti

Un graffiti d'appel à la grève générale à Lisbonne, le 24 novembre 2011
Un graffiti d'appel à la grève générale à Lisbonne, le 24 novembre 2011 - © Patricia de Melo Moreira (AFP)

Une grève générale contre l'austérité devait faire tourner le Portugal au ralenti jeudi alors que les syndicats, misant sur une montée du mécontentement social, espèrent une forte participation des salariés du public et du privé.

Convoquée par les deux principales centrales syndicales -la CGTP et l'UGT- la grève devait toucher les transports publics, les vols commerciaux et de nombreux services publics notamment l'éducation, la santé ou la culture.

"Nous allons avoir une grande grève qui doit être comprise comme un sacrifice indispensable pour trouver les chemins du futur", a déclaré Manuel Carvalho da Silva, secrétaire général de la CGTP.

Les syndicats ont également prévu une trentaine de manifestations dans tout le pays, et en particulier à Lisbonne, avec l'appui du mouvement des jeunes touchés par la précarité et le chômage.

A Lisbonne et Porto, la grande ville du nord, les métros devaient être entièrement paralysés et le service des navettes fluviales de la capitale considérablement ralenti.

Les contrôleurs aériens ne devaient assurer qu'un service réduit ce qui risquait de perturber fortement les quelque 490 vols que devaient emprunter environ 50.000 passagers dans les trois principaux aéroports du pays : Lisbonne, Porto et Faro (sud).

Le service des autobus devait toutefois être assuré à 50 %, les autorités ayant prévu un service minimum malgré les protestations des syndicats.

Alors que l'impact de la grève dans le secteur privé était difficilement prévisible, l'usine Volkswagen "Autoeuropa", à une quarantaine de km au sud de Lisbonne, a décidé de suspendre jeudi la production, craignant les effets de la grève sur ses fournisseurs.

Les mesures d'austérité touchent tout le monde

Outre des augmentations de la TVA sur le gaz et l'électricité et des hausses des prix des transports, les mesures d'austérité touchent principalement les fonctionnaires dont les salaires ont été gelés et qui perdront l'année prochaine deux de leurs 14 mois de salaire, tandis que dans le privé la journée de travail sera augmentée d'une demi-heure.

"La grève générale est une grève d'indignation et de mécontentement parce que les gens sentent que leurs droits ont été fortement affectés", a déclaré le secrétaire général de l'UGT, Joao Proença à l'agence Lusa.

L'appel à la grève générale a été lancé il y a un mois au moment où le gouvernement de centre-droit présentait son budget pour 2012 d'une rigueur draconienne, indispensable selon lui pour permettre au pays de réduire ses déficits.

Troisième pays de la zone euro, après la Grèce et l'Irlande, à recevoir une aide exceptionnelle, le Portugal a obtenu en mai dernier du FMI et de ses partenaires européens un prêt de 78 milliards d'euros en échange d'un vaste plan d'austérité et de réformes.

Selon des estimations officielles, la rigueur devrait entraîner l'année prochaine une contraction de 3% de l'économie et un chômage record de 13,4%.

Les fonctionnaires ont déjà exprimé leur mécontentement par des grèves partielles et des manifestations auxquelles ont même participé des militaires et des policiers.

Les syndicats ont choisi la date du 24 novembre pour marquer l'anniversaire de la précédente grève générale qui avait eu lieu le 24 novembre 2010 et faire pression sur le gouvernement alors que le budget 2012, approuvé en première lecture, doit être définitivement voté au parlement le 30 novembre.

AFP
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