Pologne et Hongrie: Didier Reynders veut un mécanisme annuel sur le respect de l'Etat de droit

"Un très large vote de confiance" : Didier Reynders (MR) s'est dit "fier et heureux" mercredi de la confiance accordée par le Parlement européen à la nouvelle Commission européenne, qui entrera officiellement en fonction dimanche 1er décembre. Le Belge y sera chargé de la Justice, y compris l'Etat de droit et la Protection des consommateurs.

Fort du soutien des trois grandes familles politiques qui avaient annoncé leur soutien, mais aussi satisfait de l'abstention des écologistes, "un signal que l'on pourra travailler ensemble dans les prochaines années". "Mais c'est à la Commission de prouver que la confiance était bien placée", ajoute le nouveau commissaire qui n'a pas de recette miracle pour ses futurs dossiers, en particulier sur l'Etat de droit en Pologne et en Hongrie, mais aussi la protection des consommateurs et des données, ou encore l'obsolescence programmée.

En matière d'Etat de droit, Didier Reynders préconise un échange constant avec tous les Etats-membres avec un rapport annuel avec des recommandations, comme cela se fait déjà pour l'économie. Sur le Brexit, le commissaire belge ne croit pas qu'un blocage soit possible et pense qu'après les élections britanniques la Commission pourra travailler de façon normale.

La première Commission européenne présidée par une femme, l'Allemande Ursula von der Leyen, a obtenu mercredi midi le feu vert des députés européens avec 461 voix en sa faveur, 157 contre et 89 abstentions. Les trois principaux groupes politiques du Parlement européen, le PPE (conservateurs), les socialistes et socio-démocrates du S&D et les libéraux et macronistes de Renew Europe, avaient déjà annoncé qu'ils soutiendraient la Commission von der Leyen. Les Verts/ALE, quatrième famille en importance, se sont majoritairement abstenus.

Le président sortant de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker, a félicité Ursula von der Leyen sur Twitter, estimant qu'"avec le vote d'aujourd'hui, le Parlement a réaffirmé sa confiance inébranlable" en sa personne et son équipe. "Je sais que sous ta direction, nous verrons une UE plus forte, plus verte et plus digitale", a-t-il adressé à Ursula von der Leyen.

Le nouvel exécutif n'a pas le soutien d'une majorité des eurodéputés belges

Si la Commission von der Leyen a été approuvée à une large majorité (65,2%) des eurodéputés à Strasbourg, elle n'a recueilli qu'un succès limité parmi les parlementaires belges de cette assemblée. Pas moins de sept Belges, sur un total de 20 présents, se sont abstenus, tandis que quatre, ceux des extrêmes, ont émis un vote négatif au sujet du nouvel exécutif.

Les neuf autres ont en revanche appuyé explicitement l'équipe de l'ex-ministre allemande, tandis que Guy Verhofstadt était absent pour une question d'agenda. Il aurait donné sa voix à Ursula Von der Leyen, a confirmé son porte-parole.

Les trois grandes familles politiques qui avaient annoncé soutenir Ursula von der Leyen et son collège de commissaires, et dont les sensibilités sont largement représentées dans la nouvelle Commission, ont sans surprise majoritairement voté "pour".

C'est le cas bien sûr de la famille politique à laquelle appartient Ursula von der Leyen, le PPE, où Benoit Lutgen (cdH), Pascal Arimont (CSP, germanophone), Cindy Franssen et Kris Peeters (CD&V) ont voté "oui" comme tous leurs coreligionnaires qui se sont exprimés. C'est aussi le cas de Renew Europe, le groupe des libéraux et macronistes qui comprend les MR Olivier Chastel et Frédérique Ries et les Open Vld Hilde Vautmans et Guy Verhofstadt (trois oui et une absence).

L'Alliance progressiste des Socialistes et démocrates (S&D) a également soutenu le nouvel exécutif, à un "non" et quelques abstentions près. Dont celle, notable, de Marie Arena. Ce choix de l'abstention a été pris "non par indécision, mais parce que cette Commission reflète encore trop un modèle économique et financier traditionnel", a justifié via Twitter la socialiste belge. Marc Tarabella (PS) et Kathleen Van Brempt (sp.a) ont en revanche suivi la ligne du groupe et voté positivement.

Les Verts/ALE avaient annoncé qu'ils allaient s'abstenir, ce qu'ils ont fait en grande partie. C'était le cas de Petra De Sutter (Groen), Saskia Bricmont et Philippe Lamberts (Ecolo). Selon ce dernier, co-président du groupe, il s'agissait de donner "ni chèque en blanc, ni carton rouge" à la Commission. Là non plus, ce n'est pas une "indécision" des Verts, mais bien une "mise à l'épreuve" du nouvel exécutif. "On demande à voir", semblent dire les écologistes.

Chez les Conservateurs et réformistes européens, les votes étaient partagés. Les trois N-VA Geert Bourgeois, Assita Kanko et Johan Van Overtveldt se sont abstenus. Ils indiquent trouver aussi bien des orientations positives que déplaisantes dans le programme proposé par Mme Von der Leyen.

Les quatre eurodéputés belges qui ont voté contre la nouvelle Commission sont ceux du groupe Identité et démocratie (ID, extrême droite), les Vlaams Belang Gerolf Annemans, Filip De Man et Tom Vandendriessche, ainsi que l'unique belge du groupe GUE/NGL (Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique), à l'extrémité opposée du spectre politique, le PTB Marc Botenga.

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