Pologne: démission des chefs des services de renseignement

La commission, réunie dans la nuit, a approuvé la proposition de leur départ présentée par la nouvelle Première ministre Beata Szydlo.
La commission, réunie dans la nuit, a approuvé la proposition de leur départ présentée par la nouvelle Première ministre Beata Szydlo. - © JANEK SKARZYNSKI - AFP

Les chefs des quatre services de renseignement et de contre-espionnage polonais ont quitté leurs fonctions, a annoncé jeudi le président de la commission parlementaire chargée des services, Marek Opiola.

La commission, réunie dans la nuit, a approuvé la proposition de leur départ présentée par la nouvelle Première ministre Beata Szydlo, "à la demande" des quatre responsables concernés, chefs des deux services civils, l'Agence de renseignement (AW) et l'Agence de sécurité intérieure (ABW) et de leurs homologues militaires, le Service de renseignement militaire et le Service de contrespionnage militaire, a-t-il dit.

"Coup de force nocturne"

Qualifiée de "coup de force nocturne" par l'opposition, leur démission, survenue trois jours seulement après l'entrée en fonction du gouvernement conservateur de Droit et Justice (PIS), a été commentée avec satisfaction par le nouveau chef de la diplomatie polonaise Witold Waszczykowski.

"Le travail des responsables démissionnaires à leurs postes représentait une menace plus importante que les menaces venant de l'étranger", a-t-il affirmé à la chaîne de télévision privée TVN24. "Je ne parle pas de tous, mais pendant des années l'ABW se comportait plus comme une police politique à l'égard des politiciens polonais que comme une institution chargée de défendre les intérêts de la Pologne contre des actions extérieures".

Les démissions "ne sont pas une vengeance, mais une séparation avec des hommes qui n'ont pas fait leurs preuves", a dit Witold Waszczykowski.

Du côté de l'opposition, l'ancien coordonnateur des services spéciaux Marek Biernacki a dénoncé "un coup de force nocturne contre les services spéciaux", affirmant que cet évènement "avait créé une situation dangereuse pour l'Etat" et déplorant que les démissionnaires n'aient pas eu le temps de transmettre leurs dossiers à leurs successeurs - qui n'ont pas encore été nommés.

 

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