Policiers tués à Paris : le parquet national antiterroriste saisi

Pourquoi un agent administratif de la préfecture de police de Paris a-t-il assassiné quatre fonctionnaires hier après-midi ? Vingt-quatre heures après les faits, les enquêteurs semblent ne pas encore avoir de réponse précise à cette question, mais on apprend ce soir de sources concordantes que le parquet national antiterroriste a été saisi de l'affaire.

L'enquête sur cette attaque aux motivations obscures a été reprise sous les qualifications d'assassinat et tentative d'assassinat, ainsi que pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", a précisé le parquet antiterroriste. Cela accrédite l'hypothèse d'une radicalisation de l'assaillant, converti à l'islam depuis 18 mois.

Selon son épouse, l’assaillant, un homme de 45 ans, avait "entendu des voix" la nuit précédant son passage à l’acte. Elle se trouve toujours en garde à vue ce vendredi.

Les victimes sont trois policiers et un autre agent administratif, a précisé jeudi le procureur de Paris, Rémy Heitz. Il s’agit de trois hommes et d’une femme

La piste de l’attentat pas privilégiée

"Notre lucidité de policiers nous amène à n’exclure strictement aucune hypothèse à ce stade", a jugé le préfet de police, Didier Lallement, lors d’une déclaration à la presse, sans s’étendre sur les causes possibles de cette "tragédie".

La brigade criminelle a d'abord cherché à élucider les motivations qui ont conduit cet homme, sans antécédents connus, à se munir d’une arme blanche et à s’en prendre à ses collègues dans l’un des bâtiments les mieux gardés de la capitale, à deux pas de Notre-Dame et de l’ancien palais de justice. Avant que le parquet antiterroriste ne se saisisse de l'affaire.

Hier, les enquêteurs cherchaient par ailleurs à vérifier des informations selon lesquelles il se serait converti à l’islam il y a un an et demi, selon une autre source informée de l’évolution de l’enquête.

Aucun signe avant-coureur

L’auteur de l’agression, qui travaillait à la préfecture depuis 2003, "n’a jamais présenté de difficultés comportementales" et "n’a jamais présenté le moindre signe d’alerte", a déclaré jeudi le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, lors d’un point de presse.

Selon Didier Lallement, cet "agent d’exécution", affecté à des tâches informatiques, était "habilité au secret-défense", comme la plupart des membres de la Direction du renseignement de la préfecture, à laquelle il était rattaché. "Il était en règle avec les obligations inhérentes à ce type d’habilitations", a encore dit le préfet de police.

Sécurité "absolue" à la préfecture

Selon le préfet de police, les conditions de sécurité à l’intérieur du centre névralgique de la police parisienne "sont absolues" et "ne sont pas en cause".

"Ceux qui sont extérieurs à l’administration passent par un portique de sécurité", a-t-il précisé, ajoutant que ses services étaient d’abord focalisés sur une attaque venant "de l’extérieur".

Une cellule médico-psychologique a été mise en place pour les employés de la préfecture et 179 personnes s’y sont déjà rendues, a précisé le préfet. L’attaque inédite dans l’enceinte de la PP est survenue au lendemain d’une "marche de la colère" qui avait rassemblé des milliers de policiers à Paris, venus dire leur "ras-le-bol" et réclamer de meilleures conditions de travail.

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