Manifestations à Paris: 163 interpellations et 99 personnes en garde à vue

Plus de cent manifestants se revendiquant "gilets jaunes" ont été interpellés samedi à Paris, quadrillée par quelque 7.500 policiers déployés pour conjurer toute violence dans la capitale où se déroulent aussi une marche pour le climat et un défilé contre la réforme des retraites.

Vers 18h, 163 personnes avaient été interpellées et 395 verbalisées dans les zones où il était interdit de manifester, selon la préfecture de police. Les forces de l'ordre ont pour mission d'intervenir rapidement dès que des attroupements se forment, a expliqué une source au sein de la PP.

Selon les autorités, un cortège de militants radicaux "black bloc" s'est constitué au sein de la marche dont le départ était prévu à 14H30. "Exactions en cours par des individus violents. Les #FDO interviennent et répliquent avec des moyens lacrymogènes. Désolidarisez-vous des groupes à risques", a tweeté la préfecture. Une banque a notamment été dégradée.

Les forces de l'ordre, au dispositif musclé, ont dispersé environ 300 personnes qui tentaient de se rassembler place de la Madeleine à l'appel d'Attac et Solidaires, malgré l'interdiction formulée vendredi par la PP. Selon une source au sein de la PP, les forces de l'ordre ont pour mission d'intervenir rapidement dès que des attroupements se forment.

Les manifestants, la plupart sans gilets jaunes mais se revendiquant de ce mouvement social né le 17 novembre 2018, ont été bloqués par les forces de l'ordre dans le quartier de la gare Saint-Lazare. Elles ont tiré une fois du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, qui se dirigeaient ensuite vers les Champs-Elysées. 

Dispositif de sécurité important

"Nous sommes traités comme des criminels", s'est énervée Brigitte, militante écologiste. Parmi les slogans entendus: "la rue, elle est à nous".

"Cette journée est symbolique pour nous, pour la convergence des luttes entre le climat, les retraites", a expliqué Eric, "gilet jaune" venu de Toulouse avec sa compagne, tous deux cadres. Ils ont prévu d'aller à la marche pour le climat prévue samedi après-midi. 

Les quartiers de l'Etoile et des Champs-Elysées étaient quadrillés de patrouilles de policiers en uniforme et en civil contrôlant et fouillant massivement les personnes présentes.

Un lanceur d'eau était stationné sur le haut des Champs Elysées en face du drugstore Publicis tandis que le restaurant Fouquet's, saccagé le 16 mars, était barricadé et gardé par deux policiers.

Pour cette journée de manifestations multiples à Paris, les autorités disent craindre un retour des violences, comme au plus fort du mouvement des "gilets jaunes". Une source sécuritaire évoque ainsi des risques de "convergence" entre "gilets jaunes" et "black blocs qui veulent tout casser" mais aussi d'"infiltration" de la marche pour le climat.

Le préfet de police Didier Lallement a annoncé un dispositif de sécurité important, avec notamment 7.500 membres des forces de l'ordre.
 

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