Plus de sièges pour les républicains au Sénat américain, mais moins de votes: comment est-ce possible?

Au Sénat, chaque Etat américain envoie deux sénateurs, peu importe sa population.
Au Sénat, chaque Etat américain envoie deux sénateurs, peu importe sa population. - © Drew Angerer - AFP

A l'issue des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le parti républicain conserve le pouvoir au Sénat. Il gagne même du terrain, avec six sièges d'avance. 51 sièges pour les républicains, 45 pour les démocrates. Mais à y regarder de plus près (ici sur le New York Times), les républicains ont obtenu 39.911.545 de votes pour... 44.902.160 en faveur des démocrates, selon des résultats toujours partiels.

Comment est-ce possible ? L'explication est simple : pour le Sénat, chaque Etat envoie deux sénateurs, peu importe la taille de sa population. Et cela afin que les Etats ruraux puissent défendre leurs intérêts face aux Etats plus peuplés et aux grandes villes, comme New York, Chicago... Pour la Chambre des représentants, ce n'est pas le cas : le nombre de représentants par Etat est proportionnel à sa population.

Ainsi, comme le pointe le Guardian, la Californie, dont la population est 60 fois plus élevée que celle du Wyoming, a le même nombre de sénateurs que cet Etat peu peuplé. Or, les petits Etats tendent souvent à être plus ruraux, et à favoriser traditionnellement le parti républicain. 

Vers des turbulences politiques?

La différence de couleur entre Chambre des représentants et Sénat est plus que jamais représentative des fractures de la population américaine.

"Cela constitue désormais un vrai casse-tête pour les démocrates car s'ils ne peuvent plus gagner ces Etats ruraux, qui ne sont pas représentatifs de la population, que doivent-ils faire en 2020 ou 2022 car le gouffre va aller en s'accroissant ?" s'interroge le journaliste Alexander Burns du New York Times, cité par Reuters.

Selon lui, à plus long terme, cette situation pose la question de la représentativité du Sénat, sachant que cette assemblée possède des pouvoirs très étendus avec la nomination des juges à la Cour suprême ou l'impeachment du chef de l'Etat.

"On peut s'attendre dans les années à venir à d'énormes turbulences politiques, estime Alexander Burns, si les démocrates enregistrent de bons résultats dans les élections nationales et des gouverneurs mais ne peuvent plus contrôler le Sénat en raison de son mode de désignation".

Page de notre journal de la mi-journée sur les élections américaines:

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