Plantation de cannabis au Liban: un marché florissant illégal

Ali Nasri Shamas cultive le cannabis malgré que ce soit illégal.
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Ali Nasri Shamas cultive le cannabis malgré que ce soit illégal. - © Venetia Rainey BBC News, Lebanon

Ali Nasri Shamas a commencé son business il y a six ans. Aujourd’hui, il est l’un des plus gros producteurs de cannabis du Liban, avec 130 hectares de champs dans la vallée de Bekaa et plus d’une cinquantaine d’employés travaillent pour lui. Le sourire aux lèvres, il prend la pose face à la journaliste Venetia Rainey, correspondante à la BBC. Il en profite même pour lui faire visiter son usine de production et ses plantes qui poussent à ciel ouvert, à un jet de pierre de la voie publique. Bien que son travail soit illégal, il n'est pas inquiété.

Un marché bondé

Dans les années 1990, plusieurs organisations internationales ont fourni de gros efforts pour éradiquer l’industrie du cannabis qui a explosé durant les 15 ans de guerre civile. 

A l’heure actuelle, l’armée libanaise déploie toutes ses forces pour empêcher les débordements du conflit syrien. On pourrait donc penser que l'entreprise d’herbe d’Ali Nasri Shamas se porte bien mais le manque d’effectif des forces de l'ordre a en fait incité de nombreuses personnes à se lancer dans le business et à inonder le marché. Ceci a pour conséquence d'entraîner le prix vers le bas. Les zones d’approvisionnements dans le Golfe à travers la Syrie sont également coupées avec la guerre, ce qui pousse les vendeurs à aller chercher de nouveaux clients à l’étranger.

Légaliser ? 

Le Liban est l’un des 5 plus gros producteurs de cannabis dans le monde avec une "industrie" évaluée à environ 4 milliards de dollars. L’aspect lucratif d’un tel business n’a pas échappé aux économistes et aux politiciens libanais.

Walid Jumblatt, politicien libanais et leader du parti progressiste socialiste a exprimé en 2014, sur Twitter, son souhait de légaliser le cannabis. Plusieurs économistes soutiennent également la légalisation. Selon l'économiste Marwan Iskander: "Légaliser le cannabis serait une alternative bénéfique pour renflouer l’économie du pays, qui éprouve les pires difficultés à cause de la guerre civile syrienne et qui est affectée par la présence de plus d’un million de réfugiés, dont près de la moitié vivent dans la pauvreté absolue dans la très fertile vallée de Bekaa…"

 

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