Plan de relance de l'UE : Charles Michel convoque un sommet "physique" extraordinaire les 17 et 18 juillet

Plan de relance de l'UE : Charles Michel convoque un sommet "physique" extraordinaire les 17 et 18 juillet
Plan de relance de l'UE : Charles Michel convoque un sommet "physique" extraordinaire les 17 et 18 juillet - © YVES HERMAN - AFP

Le président du Conseil européen Charles Michel a convoqué un sommet extraordinaire les vendredi 17 et samedi 18 juillet prochain pour débattre du plan de relance post-coronavirus de l'UE et du budget 2021-2027, a annoncé mardi son porte-parole.


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Ce sommet ne se tiendra plus par vidéoconférence comme c'est le cas depuis la mi-mars et l'éclatement de la pandémie de Covid-19 sur le sol européen, mais en présence physique des dirigeants des Vingt-sept à Bruxelles.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE sont engagés dans une course contre la montre pour s'entendre avant fin juillet sur ce plan de relance massif, malgré les profondes divergences constatées lors d'une première réunion vendredi.

Dirigeants et diplomates s'accordaient sur la nécessité d'un sommet en présence physique pour trancher les points ultrasensibles, alors que le Conseil est la dernière des trois grandes institutions de l'UE à n'avoir pas encore trouvé sa position sur le plan de relance et le budget pluriannuel de l'Union. La levée progressive des restrictions aux frontières en ce mois de juin rend aussi davantage faisable la tenue d'une telle réunion.

Entre-temps, les tractations vont bon train. M. Michel avait annoncé vendredi qu'il relancerait les négociations avec les capitales et formulerait une nouvelle proposition avant le sommet de la mi-juillet.

Des réticences des Pays-Bas, de l'Autriche, de la Suède et du Danemark 

De son côté, le président français Emmanuel Macron se rend ce mardi aux Pays-Bas pour s'entretenir avec le Premier ministre Mark Rutte, l'un des dirigeants les plus réticents sur plusieurs aspects du plan de relance ainsi qu'à des dépenses supplémentaires au budget de l'UE.

Le dirigeant français, leader au Conseil européen du clan centriste-libéral (Renew Europe) auquel appartient aussi le libéral Mark Rutte, est attendu à La Haye en fin d'après-midi pour un entretien suivi d'un dîner de travail.

Les Pays-Bas font partie (avec l'Autriche, la Suède et le Danemark) des quatre pays dits "frugaux" ou "pingres" qui restent très réservés sur ce projet de plan - pour l'instant fixé à 750 milliards d'euros - qui bénéficiera avant tout aux pays du Sud, les plus touchés par la crise de la maladie Covid-19.

L'Allemagne, pas dans "le camp des frugaux"

Ce plan, discuté au Conseil sur base d'une proposition de la Commission, fait suite à un accord franco-allemand dans lequel l'Allemagne, traditionnellement dans le camp des frugaux, a consenti à proposer 500 millions de subventions financées par un emprunt commun, un changement de position historique pour Berlin.

Pour le co-président des Verts/ALE au Parlement européen Philippe Lamberts, la chancelière allemande Angela Merkel - cheffe de file des conservateurs (PPE) au sein du Conseil - doit maintenant faire avec les chrétiens-démocrates des pays réticents ce que fait M. Macron ce mardi avec M. Rutte.

"Voyez qui, dans les pays frugaux, s'oppose au plan: bien sûr M. Rutte aux Pays-Bas, ou encore les libéraux au sein du gouvernement finlandais. Mais aussi des forces au sein du groupe d'Angela Merkel: le (ministre néerlandais de l'Économie, le chrétien-démocrate) Wopke Hoekstra, engagé dans un combat de coqs avec M. Rutte, ou encore les chrétiens-démocrates de Suède qui, depuis l'opposition, menacent ce gouvernement minoritaire, et bien sûr (le chancelier autrichien) Sebastian Kurz", lui aussi démocrate-chrétien, a exposé l'écologiste belge, lors d'un point presse.

Les Verts européens, eux, participent au pouvoir en Autriche et en Suède, deux des quatre frugaux, mais aussi en Finlande. "Partout où nous sommes au gouvernement, nous soutenons le plan de relance et faisons pression en sa faveur", assure à cet égard M. Lamberts.

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