Piraterie: la Commission européenne pointée du doigt

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L'European Dredging Association (EuDA), l'association professionnelle regroupant les sociétés de dragage et de travaux maritimes issues de huit pays européens, déplore que la Commission européenne n'ait aucune compétence en matière militaire.

Le Pompei, qui a été capturé samedi matin à 100 miles nautiques au nord des Seychelles par des pirates somaliens et à bord duquel se trouvent dix membres d'équipage, est la propriété de trois membres de l'EuDA (DEME, Jan De Nul et Herbosch Kiere).

L'Union européenne a lancé le 8 décembre dernier une vaste opération de lutte contre les pirates, baptisée "EU NAVFOR Atalanta". L'EuDA estime cette action très utile mais regrette son "démarrage très lent" et le manque d'intégration de ses activités.

Si l'EuDA prône des actions militaires pour lutter contre la piraterie, elle demande également à l'Europe de se préoccuper "fermement de la stabilité politique et de la croissance économique de tout le continent africain".

Des actions pas à la hauteur

L'association chargée de défendre les intérêts de ses membres auprès des autorités européennes, estime que "le gouvernement belge fait son possible" dans ce dossier mais réclame une action plus structurée au niveau des instances européennes.

Elle regrette que la Commission européenne n'ait aucune autorité militaire et pointe du doigt "le chauvinisme" et "l'individualisme" de certaines nations européennes.Elle lance un appel au Conseil des Ministres européens pour un renforcement de l'action l'Atalanta et une accélération de sa mise en route.

"Les actions d'Atalanta que la Belgique et les Pays-Bas obtiennent ne sont pas à la hauteur du problème qui se pose le long des côtes africaines", a indiqué Marc Stordiau, le président de l'EuDA, qui demande aux gouvernements belge et néerlandais de s'affirmer davantage afin d'obtenir un droit de regard plus important sur l'attribution des moyens au sein de Atalanta.

La solution n'est pas militaire

L'EuDA estime qu'une action militaire ne suffira pas à éradiquer les causes des activités des pirates somaliens et demande à l'Europe de se préoccuper de la stabilité politique et de la croissance économique du continent africain.

"Les fossés entre riches et pauvres s'approfondissent et un désespoir certain s'installe dans plusieurs pays africains. (...) Si nous n'intervenons pas rapidement et efficacement afin d'améliorer les conditions de vie de la population africaine, nous verrons proliférer des nids de pirates à plusieurs endroits de la côte africaine, tant à l'Est qu'à l'Ouest", met en garde M. Stordiau, qui estime que les sociétés de dragage qui travaillent en première ligne, sont particulièrement sensibles à l'évolution de certaines situations en Afrique.

L'industrie européenne du dragage génère directement et indirectement plus de 38 000 emplois. Les sociétés membres d'EuDA exécutent ensemble plus de 80 % des travaux maritimes et de dragage exécutés dans le monde par le secteur privé.

(Belga)

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