Piqûre des députés européens à la Commission pour mieux protéger les abeilles

Piqûre des députés européens à la Commission pour mieux protéger les abeilles
Piqûre des députés européens à la Commission pour mieux protéger les abeilles - © Belga

Les députés européens ont infligé mercredi une vive piqûre de rappel à la Commission européenne, et à travers elle au Conseil, accusés d’avoir cédé sur l’évaluation des risques que font peser les pesticides sur les abeilles.

La Commission avait proposé d’inclure dans la législation européenne les orientations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2013 visant à réduire l’utilisation de pesticides nuisibles aux abeilles.

Ces orientations indiquaient comment tester les pesticides afin de protéger les abeilles des expositions aiguës (effet direct) et chroniques (effet dans le temps). Les pesticides resteraient disponibles sur le marché s’ils réussissaient ces nouveaux tests.

Mais l’an dernier, 16 États membres de l’UE se sont opposés à ces précautions au sein du Conseil, beaucoup faisant valoir des impératifs agricoles.

Ils ont poussé la Commission à accepter que seules les dispositions protégeant les abeilles contre les expositions aiguës soient acceptées.

Passaient ainsi au bleu les contrôles de la toxicité chronique pour les abeilles communes, ainsi que de la toxicité pour les bourdons et les abeilles solitaires.

Science obsolète

Les députés de la commission Environnement ont dénoncé la faiblesse de la réaction de l’exécutif européen, qui aurait pu utiliser pleinement ses pouvoirs : les 16 États membres récalcitrants ne formaient en effet pas une majorité qualifiée.

En outre, le texte de la Commission ne reflétait pas l’état le plus récent des connaissances scientifiques et techniques, critiquent les députés.

"Les niveaux de protection étaient ridiculement faibles, fondés sur une science obsolète", a commenté Frédérique Ries (MR, Renew Europe), membre de la commission Environnement.

Comme ils l’avaient déjà fait dans le dossier du glyphosate, les élus ont mis leur veto à la proposition de la Commission, par une majorité de 533 voix contre 67 et 100 abstentions. Ils contraignent ainsi l’exécutif européen à présenter une nouvelle proposition.

"Cette nouvelle proposition ne doit pas être discutée à huis clos. Chacun doit pouvoir voir, au sein du Conseil des ministres européens, quels gouvernements préconisent ou non la protection des abeilles", a insisté Petra De Sutter (Groen, Vert/ALE).

Mardi, dans un dossier connexe, la Commission avait décidé de ne pas renouveler l’autorisation du thiaclopride, un néonicotinoïde dont la licence expire en avril 2020.

Archives : 7 à la Une 13/04/2019