Pieyre-Alexandre Anglade, candidat de la République en Marche: "Nous serons des députés en mouvement"

Emmanuel Macron, le nouveau président la République française, sera ce lundi à Berlin pour sa première visite à l’étranger aux côtés de la chancelière, Angela Merkel. Pieyre-Alexandre Anglade est le candidat de la République En Marche pour le Benelux pour les prochaines élections législatives. Il était à Paris ce week-end pour un séminaire qui rassemblait tous les candidats investis par le mouvement d’Emmanuel Macron.

Comment avez-vous vécu ce séminaire et ce week-end d’investiture ?

"C’était un séminaire important. C’était un moment très important de la construction de notre mouvement parce que je rappelle que c’est un nouveau mouvement. Il y a un an, rien n’existait. On était une poignée, quelques dizaines, quelques centaines à travers la France et en Europe. Il a fallu construire tout ça pendant un an, développer toutes les structures, aller à la rencontre des Français, leur expliquer notre projet, les faire participer parce que c’est un mouvement collectif, participatif, où chacun peut s’exprimer. Donc on a construit collectivement le projet du président et on a essayé de le porter jusqu’à la victoire. Donc on est très heureux de la victoire du 7 mai. Puis après, on est entré dans un second temps, qui est le temps de l’élection législative. C'est un temps extrêmement important parce qu’un président sans majorité ne peut gouverner. Donc l’objectif des prochaines élections législatives, c’est de pouvoir donner une majorité au président. Et donc ce samedi on était réuni au quai Branly à Paris avec tous les candidats investis par la République En Marche et on a, pendant quelques heures, échangé sur la façon de mener campagne, sur les objectifs qui étaient les nôtres. Le président est venu nous voir."

Qu’est-ce qu’il vous a dit?

"C’était un moment assez fort, assez solennel parce que c’est la première fois qu’on le revoyait depuis son élection et il nous a expliqué que nous étions la majorité de demain, la majorité dont le pays avait besoin, que nous serions des députés debout, que nous ne serions pas des députés assis."

Ça veut dire quoi ça?

"Ça veut dire qu’il est temps de remettre en mouvement et en marche la République. Pendant trop longtemps, une partie du personnel politique est resté assis sur les bancs de l’Assemblée."

En attendant les consignes de vote...

"En attendant les consignes de vote ou alors en ne s’impliquant plus comme ils devaient le faire dans la vie citoyenne. L'émergence de notre mouvement est la preuve qu’il y a une volonté de se réapproprier la politique de la part des citoyens, de la part de la société civile, des chefs d’entreprises, des milieux associatifs, des ONG et que la politique ne doit plus être le fait d’un petit nombre. Et donc nous serons des députés en mouvement, à l’écoute de nos concitoyens et c’est ça le message du président."

Vous connaissez bien l’Europe puisque vous travaillez au Parlement européen pour un des vice-présidents. Aujourd’hui, le président français est à Berlin. Quel est le message de la France pour l’Europe? Comment allez-vous refonder l’Europe?

"Déjà, je crois que l’élection d’Emmanuel Macron est une très bonne chose pour l’Europe parce que je dirais que ces cinq dernières années la France a été absente de la scène européenne. La France a été absente parce que la situation socio-économique du pays a créé un déséquilibre avec l’Allemagne. L’Allemagne était dans une bien meilleure santé économique et, de fait, l’Allemagne régnait sur l’Europe, si vous voulez. Aujourd’hui, l’enjeu c’est de rééquilibrer le moteur franco-allemand parce que le cœur de l’Europe c’est ce moteur, et si vous avez un des deux moteurs qui est défaillant, forcément l’avion européen est déséquilibré. Donc aujourd’hui, il faut rééquilibrer ce moteur et, pour le rééquilibrer, il faut d’abord réformer notre pays, réformer le marché du travail, la formation, l’éducation, beaucoup de choses qui ne fonctionnent plus correctement, et ensuite, ensemble avec les Allemands et puis les États fondateurs, notamment ceux du Benelux, avancer vers une refondation de l’Europe. Refonder l’Europe, ça veut dire aller vers une Europe de la défense, aller vers une Europe qui protège mieux ses frontières extérieures, aller vers une Europe avec un budget de la zone euro, un Parlement de la zone euro pour pouvoir investir dans des technologies d’avenir, etc. pour pouvoir emprunter. C’est aussi permettre à l’Europe, aux citoyens, de se la réapproprier en organisant des conventions démocratiques un peu partout sur le continent. Donc il y a une feuille de route assez importante. Je crois que depuis le non français et néerlandais à la Constitution européenne en 2005, l’Europe a été abandonnée par celles et ceux qui devaient la défendre, qu’elle a été aux populistes, aux technocrates et qu’aujourd’hui c’est le retour du politique en Europe avec Emmanuel Macron."

Et depuis le Brexit, l’Europe a changé aussi...

"L’Europe a beaucoup changé, mais même déjà avant le Brexit parce que si vous regardez bien, depuis quinze ans l’Europe est en crise. Il y a d’abord eu le non français et néerlandais à la Constitution, ensuite il y a eu la crise économique qui s’est transformée en crise de la dette, qui s’est transformée en crise de l’euro, en crise grecque, vous avez eu la guerre en Syrie, la crise des réfugiés, et tout ça s’est ponctué par le Brexit. Donc depuis quinze ans, moi j’ai 30 ans donc depuis que j’ai l’âge de comprendre à peu près le fonctionnement de l’Union européenne, l’Europe ne vit que des crises. Aujourd’hui, on est à un point de bascule, je crois, et l’élection d’Emmanuel Macron est le premier élément positif en Europe depuis quinze ans."

Alors aujourd’hui, c’est une campagne qui commence pour vous pour être député. Comment allez-vous procéder dans le Benelux? Ce n’est pas évident de faire campagne.

"C’est une circonscription qui est magnifique, c’est une circonscription qui est en même temps très compliquée parce que vous êtes sur trois pays. Si vous êtes investi dans une circonscription en France, par exemple si vous êtes à Paris dans le XIVe arrondissement, c’est assez simple, vous avez 3-4 rues à quadriller et puis vous faites votre campagne. Là, c’est très différent, le cœur de la circonscription c’est Bruxelles parce que c’est là où il y a la majorité des Français, mais il y a aussi beaucoup de Français qui vivent ailleurs en Belgique."

À Liège par exemple...

"À Liège aussi. Il y a beaucoup de Français qui vivent donc dans toute la Wallonie, mais il y en a aussi beaucoup au Luxembourg, il y en a aussi un certain nombre aux Pays-Bas, et donc dans les jours à venir, je vais aller un petit peu partout à Bruxelles et en Belgique, je vais aller à Luxembourg à la fin de la semaine, j’irai aux Pays-Bas dès la semaine prochaine rencontrer les associations, rencontrer les Français, rencontrer les adhérents d’En Marche aussi parce qu’ils se sont mobilisés massivement depuis près d’un an."

Justement, j’ai une dernière question à vous poser. Philip Cordery, qui est le député sortant socialiste, avait appelé à voter Macron avant le premier tour la présidentielle. Qu’avez-vous à lui dire ce matin? Il espérait l’investiture, je crois.

"Oui, il espérait l’investiture d’En Marche, elle m’a été donnée. Écoutez, je prends acte qu’il a préféré se présenter sous une autre étiquette. En politique, c’est ce qui jette le discrédit sur la façon de faire de la politique, c’est-à-dire que vous briguez une investiture sous une étiquette politique et parce que vous n’avez pas cette investiture, vous allez ensuite vous présenter sous une autre étiquette."

Vous lui reprochez de se représenter sous l’étiquette socialiste?

"Si vous briguez l’investiture d’un mouvement, vous devez être cohérent et soutenir le candidat qui a été investi par le mouvement, ça me semble évident. Mais après, je ne vais pas lui jeter l’opprobre plus que ça, mais c’est juste une question de cohérence."

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