Philippe Pétain: l'hommage polémique d'Emmanuel Macron

Philippe Pétain prononce un discours en 1938
Philippe Pétain prononce un discours en 1938 - © AFP

En France, Emmanuel Macron comptait faire de cette semaine un moment de recueillement et de commémoration, un itinéraire mémoriel, 100 ans après l'armistice de la Première guerre mondiale. Mais c'est raté... Le président français a dû affronter une polémique suite à ses propos sur Philippe Pétain.

Pour Emmanuel Macron, le personnage de Philippe Pétain est double, en quelque sorte. Il fut un grand soldat, pendant la Première guerre mondiale, a dit mercredi le président français, avant de conduire des "choix funestes" pendant l'Occupation, allusion à la collaboration du régime de Vichy entre 1940 et 1944. 

Un portrait en forme de diptyque, fort commun : depuis de Gaulle, tous les présidents français à l'exception de François Hollande ont évoqué les deux "phases" de la carrière de Philippe Pétain, vainqueur de Verdun puis collaborateur à Vichy.

Réécrire l'histoire

Pourquoi Emmanuel Macron affirme-t-il cela ? C'est pour justifier un hommage militaire rendu à tout le commandement français de la Grande guerre, et donc parmi eux à Philippe Pétain.

En substance, le supprimer des hommages collectifs, ç'aurait été réécrire l'Histoire, explique Emmanuel Macron, car Philippe Pétain est considéré comme le vainqueur de la bataille sanglante de Verdun en 1916. Sans rien oublier bien sûr de ce qu'il devint après, c'est-à-dire le chef de l’État français, collaborationniste avec les nazis pendant la Seconde guerre mondiale. 

Voilà qui a choqué et déplu, notamment le Conseil représentatif des institutions juives de France, le Crif qui estime qu'on ne peut pas nuancer ainsi le portrait d'un homme complice de la déportation et des milices. 

La classe politique a aussi presque unanimement condamné les propos du président français. A gauche : "L'histoire n'est pas votre jouet M. Macron ", s'est agacé Jean-Luc Mélenchon. L'ancien candidat socialiste Benoît Hamon parle d'errance morale et éthique. A droite et à l'extrême droite, c'est un silence embarrassé qui a accueilli ces déclarations présidentielles. A l'exception du parti Les patriotes, qui dénonce une faute du chef de l’État. 

Suite à cette polémique, Emmanuel Macron a maintenu ses propos, mais l'Elysée a reculé sur la cérémonie d'hommage militaire. C'est une cérémonie prévue de longue date ce samedi aux Invalides à Paris. Le programme officiel du centenaire était clair : hommage serait rendu aux maréchaux de la Grande guerre :  ces huit militaires, nommés maréchaux entre 1915 et 1924, sont Joffre, Foch, Fayolle, Franchet d’Espèrey, Gallieni, Lyautey, Maunoury et donc Pétain, qui fut nommé maréchal de France en 1918.

Finalement, changement de pied. Seuls les maréchaux enterrés aux Invalides seront honorés. Ils sont seulement 5. La tombe de Pétain, elle se trouve dans l'ouest de la France, sur l'île d'Yeu, où il finit sa vie après avoir été condamné à l'indignité nationale pour trahison. 

Voilà en tout cas une polémique dont le gouvernement se serait bien passé, à quelques jours des cérémonies du 11 novembre à Paris, les 100 ans de l'armistice auxquels doivent assister une soixantaine de dirigeants étrangers, dont Angela Merkel, Donald Trump et Vladimir Poutine. 

Sujet de notre JT 13h de ce jeudi

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