Philippe Lamberts: "La séparation que veulent les Brexiters est impossible"

Philippe Lamberts sur le Brexit: "La séparation que veulent les Brexiters est impossible"
Philippe Lamberts sur le Brexit: "La séparation que veulent les Brexiters est impossible" - © DIRK WAEM - BELGA

Après des mois de négociations ardues, techniques et politiques, Européens et Britanniques tiennent enfin leur accord sur le Brexit. Pour régler le problème de l'apparition d'une frontière dure entre les deux Irlande, principale pierre d'achoppement des négociations, le Royaume-Uni et l’Union européenne vont créer une union douanière temporaire. Ils ont aussi imaginé des mesures spécifiques pour que l’Irlande du nord reste en phase avec les règles du marché unique. Immédiatement, les partisans d’un Brexit dur ont dit tout le mal qu’ils pensaient de ce projet d’accord.

"Une confrontation avec la réalité"

Pour Philippe Lamberts, membre écologiste du groupe de pilotage du parlement européen sur le Brexit, les Brexiters sont enfin mis face à leurs contradictions: "une partie du gouvernement de Theresa May est constituée de Brexiters qui restent dans le déni de la réalité. Ils ne veulent pas reconnaitre les contraintes de l'accord du Vendredi Saint. Je m'attendais bien à ce qu'ils ne veuillent pas s'associer à un projet d'accord qui entérine une association étroite entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Ce n'est pas le Brexit qu'ils voulaient. Mais, le Brexit qu'ils veulent n'est pas possible."

Les europhiles de l'autre côté de la Manche se sont également opposés à ce projet technique d'accord. Le co-président du groupe des verts au parlement européen explique cette insatisfaction par une perte de souveraineté qu'impliquerait l'accord: "en sortant de l'Union européenne, mais seulement un petit peu, le pays perd en souveraineté. Il se retrouve dans une situation où il reste extrêmement dépendant de l'Union européenne et de sa législation mais il ne siège plus à la table où ces législations sont écrites."

"On peut se demander si ça vallait vraiment la peine"

Outre les bases d'un divorce, les Européens et les Britanniques ont également fixé un cadre pour leurs relations futures, et pas seulement leurs relations commerciales. On retrouve des coopérations dans les transports, énergie, coopération policière, judiciaire et en matière de politique étrangère, de sécurité extérieure et de défense.

Selon Philippe Lamberts, l'accord transitoire préfigure assez largement ce que sera l'accord définitif: "il maintiendra le Royaume-Uni etroitement associé à l'Union européenne." Un constat qui pousse le membre écologiste du groupe de pilotage du parlement européen à se poser la question: "négocier le départ pour finalement rester presque dans le même lit... On peut se demander si ça vallait vraiment la peine..."

Découvrez l’intégralité de l’interview de Philippe Lamberts, ce vendredi à 19h10 dans La Semaine de l'Europe sur La Première

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