Philippe Lamberts: "La Belgique a beaucoup à perdre d'une rupture brutale avec le Royaume-Uni"

Philippe Lamberts, député européen
Philippe Lamberts, député européen - © RTBF

L'accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur le Brexit n'a pas pu être finalisé lundi à Bruxelles. L'eurodéputé Ecolo Philippe Lamberts, membre du groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit, a été informé du dernier état des négociations juste avant la rencontre lundi midi entre la Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker: "Le message était prometteur. Sur les points qui restent à traiter (le rôle de la Cour de Justice dans la défense des droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni, et la question irlandaise) des progrès substantiels semblaient avoir été accomplis" explique-t-il dans Matin Première. Tout laissait croire que l'accord serait finalisé lundi selon lui. L'accord sur la frontière irlandaise entre Theresa May et le Premier ministre irlandais "semblait une formalité. Nous n'avions pas vraiment compris que la Première ministre britannique n'avait pas vraiment assuré ses arrières dans sa propre majorité, c'est-à-dire auprès des unionistes irlandais. C'est surprenant". Mais l'échec de lundi n'est peut-être qu'une "dernière phase de dramatisation avant l'accord".

"Statut norvégien"

Dès l'instant où le Royaume-Uni sort du marché unique et de l'union douanière, l'Irlande du Nord accompagne ce mouvement. La République d'Irlande reste évidemment dans l'Union européenne: "Cela crée une frontière. Et la question est: où la met-on? Si on la met sur l'île d'Irlande, ce qui semblerait logique, on contredit l'Accord du Vendredi Saint, qui a mis fin à la guerre civile. Donc il faut mettre cette frontière ailleurs et l'idée c'est de la mettre entre les deux îles, dans la mer d'Irlande" analyse Philippe Lamberts. Pour lui, "soit les unionistes nord-irlandais acceptent que leur province ait un statut particulier, soit Theresa May devra adopter le 'statut norvégien', être membre de l'Union européenne sans vraiment en être membre".

Pour Philippe Lamberts "la Belgique a beaucoup à perdre d'une rupture brutale avec le Royaume-Uni. On est un des pays qui, par habitant, fait le plus de commerce avec ce pays. On est plus exposé que Chypre, c'est clair. Dès l'instant où une frontière se rétablira sur la Manche, il y aura des contrôles douaniers en plus et donc des points de frictions au niveau commercial".   

Cadeaux fiscaux aux multinationales

L'Union européenne se prononce ce mardi sur une liste de paradis fiscaux. En ce qui concerne les critères retenus "la Commission européenne a été ambitieuse, mais les Etats membres (qui devront décider, à l'unanimité) les ont rabotés de manière telle que, si on les leurs appliquait, on n'arrive pas à la conclusion qu'il y a des paradis fiscaux à l'intérieur de l'Union européenne" regrette Philippe Lamberts. "Il n'y a pas de réelle volonté dans le 28 Etats membres de s'attaquer à la fraude et à l'évasion fiscales. Quand la Belgique fait des cadeaux fiscaux aux multinationales, c'est en pleine connaissance de cause".  

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK