Pétrolier attaqué dans le golfe d’Oman : une nouvelle escalade dans la guerre qui ne dit pas son nom entre Israël et l’Iran

Un nouvel épisode de la "guerre fantôme" entre Israël et l’Iran : un pétrolier géré par une société détenue par un milliardaire israélien a été attaqué dans le Golfe d’Oman. Bilan : deux morts, deux Européens. Israël désigne le coupable : c’est l’Iran.

L’annonce remonte à vendredi : l’armateur Zodiac Maritime, société internationale propriété de l’Israélien Eyal Ofer et dont le siège est situé à Londres déplore "la mort de deux membres de l’équipage : un ressortissant roumain et un ressortissant britannique" lors d’un incident à bord du M/T Mercer Street, un pétrolier battant pavillon du Liberia mais avec un propriétaire japonais. Les victimes seraient respectivement le capitaine et un agent de sécurité.

Israël accuse l’Iran

L’attaque n’a pas été revendiquée. Rien n’indique qu’il s’agisse de piraterie. Dryad Global, une société spécialisée dans la sécurité maritime basée à Londres, évoque de nouvelles "représailles dans la guerre de l’ombre à laquelle se livrent les deux puissances" ennemies, en référence à l’Iran et Israël et le ministre israélien des Affaires étrangères se fait plus précis encore : pour Yair Lapid, c’est la faute au "terrorisme iranien".

"L’Iran sème la violence et la destruction dans tous les coins de la région", avait déjà dénoncé le gouvernement israélien, affirmant que "l’Iran n’est pas seulement le problème d’Israël, c’est un problème mondial, et son comportement met en danger la liberté de navigation et de commercer dans le monde".

La marine américaine est venue en aide à l’équipage du pétrolier et a pu voir des preuves d’une attaque de type drone. Le pétrolier qui naviguait à vide en direction des Emirats arabes unis est à présent sous protection américaine en route vers un havre sûr.

Une escalade de la violence

C’est donc une nouvelle escalade dans les tensions entre Israël et l’Iran, qui prennent des allures de véritable bataille navale. L’incident survient alors que les négociations sur le nucléaire iranien patinent.

La mer d’Oman est située entre l’Iran et Oman, à la sortie du stratégique détroit d’Ormuz par lequel transite une grande partie du pétrole mondial et où opère une coalition dirigée par les Etats-Unis.

Ce n’est pas le premier incident en mer. Ils se multiplient depuis quelques mois, impliquant à chaque fois des navires israéliens et iraniens et autant d’accusations réciproques.

Au début du mois, un bâtiment du même armateur s’est retrouvé coincé dans le nord de l’océan Indien. D’autres navires liés à Israël ont aussi été visés, de même que des bateaux iraniens. Selon le Wall Street Journal, au mois 12 navires iraniens ont été visés par Israël en mars, la plupart avec des cargaisons de pétrole, d’armes et de mines à destination de la Syrie. Mais toujours avec uniquement des dégâts matériels.

Aux yeux des experts, la zone semble propice aux actions de représailles menées par l’Iran. En Iran, la télévision d’Etat cite d’ailleurs des "sources informées dans la région" qui affirment que l’attaque était une réponse à une "récente attaque israélienne" en Syrie.

C’est par contre la première attaque avec des pertes en vies humaines. Israël entend réagir fermement avec le Royaume-Uni et porter l’affaire devant les Nations Unies.

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