Zone clôturée, confinement... comment et pourquoi la République tchèque résiste à la peste porcine ?

Un sanglier mort de peste porcine africaine - Région de Zlin - Tchéquie
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Un sanglier mort de peste porcine africaine - Région de Zlin - Tchéquie - © Tous droits réservés

Depuis la découverte du premier cas de peste porcine africaine le 26 juin 2017 dans la région de Zlin à l’est de la République tchèque, 230 sangliers morts ont été confirmés porteurs du virus par les autorités tchèques mais le dernier cas date de février 2018, soit il y a 8 mois.

Le pays est du coup cité en exemple pour sa gestion de la peste porcine africaine. Il faut dire qu'en Europe de l'Est, la maladie est particulièrement virulente dans les pays Baltes mais aussi en Roumanie, en Ukraine, en Pologne. En comparaison, la République tchèque est parvenue à maîtriser la maladie et à éviter que les élevages de porcs ne soient contaminés.

Une zone à haut risque entièrement clôturée

Pour parvenir à garder l’épidémie sous contrôle, une zone de 57 km² a été clôturée. C'est une zone 10 fois plus petite que le périmètre de sécurité installé en Belgique. L'installation d'une clôture a permis de garder un maximum de sangliers dans la zone "à haut risque" : interdiction de chasse et de nourrissage et interdiction d’entrer dans la zone contaminée ont complété le dispositif.

Après quelques mois, la chasse a été à nouveau autorisée dans la zone. Les chasseurs tchèques ont aussi reçu une prime pour rechercher les cadavres de sangliers.

Au total, sur 520 sangliers dans cette zone, plus de 280 ont été retrouvés morts dont 70 % étaient contaminés par la peste porcine africaine.  Très peu de cas ont été trouvés en dehors de la zone clôturées. Pour les autorités, cette mesure a donc permis de garder les animaux malades sur un petit territoire et d'ainsi limiter les dégâts.

Aucun porc tchèque touché par le virus grâce au confinement

La région de Zlin compte moins d'élevages de porcs que la Wallonie. Les petits élevages situés dans la zone infectée ont dû être détruits mais les élevages plus importants ont pu continuer leur activité moyennant de strictes mesures de confinement.

Un des éleveurs rencontrés nous disait son soulagement d'avoir pu préserver ses bêtes en nuançant toutefois : "Le prix de la viande est en train de baisser. Nous vendons uniquement en circuit court, pour le marché tchèque mais le prix de vente a baissé de 10 % car les intermédiaires doivent faire plus de tests pour s'assurer que la viande est saine et ces coûts entraînent une baisse du prix d'achat de nos porcs." Les autorités tchèques soulignent toutefois que sur les 28 000 échantillons de porcs et de sangliers contrôlés, aucun porc n'a été testé positivement à la peste porcine africaine.

La solution miracle n'existe pas

Même si l’expérience est saluée en Europe, les autorités tchèques savent que vaincre totalement la maladie sera compliqué tant que l’épidémie gagne du terrain dans les pays voisins.

La République tchèque envisage de clôturer le long des autoroutes menant vers la Pologne où la peste porcine africaine est virulente. Car l'hypothèse la plus probable serait que le virus ait atteint la Tchéquie par l'intermédiaire de chauffeurs routiers, même si l'enquête menée par les autorités judiciaires n'a pas pu le prouver. 

Archive : JT 17/09/2018

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