Carte interactive de la peine de mort aux États-Unis: où et comment est-elle appliquée?

Après seize années d’interruption, le gouvernement des États-Unis d’Amérique a annoncé ce jeudi la reprise des exécutions au niveau fédéral. Cette décision fait suite aux demandes répétées de Donald Trump de recourir davantage à la peine de mort pour les crimes fédéraux. Mais à côté de cela, plusieurs États continuent aujourd’hui encore d’appliquer régulièrement la peine capitale dans leur législation.

La notion de crime fédéral est particulière. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une infraction considérée comme illégale non pas par la législation d’un État mais la législation des États-Unis. C’est ce qui concerne le célèbre Federal Bureau of Investigation (Bureau fédéral d’enquête, plus connu sous le sigle FBI). Plusieurs dizaines d’infractions sont ainsi reprises sous la coupole fédérale, telles que le carjacking, le kidnapping, la pédopornographie ou encore la fraude à la carte bancaire. Pour les crimes qui ne rentrent pas dans cette catégorie, la peine est laissée à la libre appréciation des différentes juridictions.

La peine de mort dans tous ses États

Si certains États ont définitivement banni la peine capitale de leurs textes juridiques, d’autres y ont régulièrement recours. C’est par exemple le cas du Texas, avec 561 exécutions comptabilisées depuis 1976.

Certains États ont quant à eux proclamé un moratoire sur les exécutions de condamnés. Ce moratoire est formellement en place depuis plusieurs années, comme dans le Colorado ou l’Oregon par exemple, ou bien depuis quelques mois seulement en Californie, dans le New Hampshire ou dans l’État de Washington. Les peines de mort ne sont plus proclamées, mais figurent toujours dans les textes. Le pouvoir politique d’un État peut donc lever ce moratoire à tout moment.

On compte également plusieurs États où la peine de mort est toujours en vigueur, mais où elle n’a plus été officiellement appliquée depuis au moins dix ans. C’est ce que l’on appelle un hiatus de facto. Rien ne les empêche concrètement de procéder à une exécution, mais ces peines ne sont plus prononcées dans les faits.

Enfin, 22 États ont purement et simplement aboli la peine de mort. Elle n’est juridiquement plus possible, sauf, bien sûr, pour les crimes relevant des autorités fédérales.

L’injection létale largement pratiquée

Lorsqu’il est question de mettre fin à la vie d’un condamné tout en restant politiquement correct, l’imagination ne manque pas. Si la pendaison était largement pratiquée autrefois, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Au XXIe siècle, les cordes font place aux seringues. On parle pudiquement d’injection létale. Le condamné est placé sur un fauteuil matelassé et attaché avec des sangles. Deux cathéters sont ensuite placés sur son bras.

Jusqu’en 2009, trois produits étaient administrés successivement. Un premier anesthésiant, un second paralysant (pour prévenir les mouvements inconscients), et enfin, du chlorure de potassium provoquant l’arrêt cardiaque. Considérée comme "plus humaine" qu’une exécution par électrocution ou par pendaison, le procédé a toutefois fait l’objet de plusieurs études indiquant que ce n’était pas forcément le cas. Le processus est en effet particulièrement lent, de l’ordre de plusieurs longues minutes, et ne réussit pas toujours (entraînant de longues souffrances chez le condamné).

Depuis 2009, un nouveau "protocole d’injection" est utilisé par la plupart des États appliquant la peine de mort. Seul un anesthésiant est injecté, à dose mortelle, ce qui rend le processus moins long et pénible.

D’autres techniques d’exécution plus marginales

L’injection létale reste la méthode par défaut de mise à mort des condamnés dans l’ensemble des États pratiquant la peine capitale, ainsi que pour les crimes fédéraux. Toutefois, les condamnés à mort sont en mesure de choisir une autre méthode d’exécution selon l’État dans lequel ils se trouvent. L’Alabama, la Floride, le Kentucky, la Caroline du Sud, le Tennessee et la Virginie proposent une électrocution par chaise électrique. L’Arizona et la Californie ont misé sur les chambres à gaz, tandis que l’Utah, le Mississippi et l’Oklahoma ont recours au peloton d’exécution. Notons que l’Arizona, le Kentucky, le Tennessee et l’Utah ne proposent ces méthodes alternatives que pour les crimes commis avant la date de passage à l’injection létale.

Dans certains cas, il arrive aussi que l’injection létale ne soit pas possible. Il peut s’agir d’une décision d’un tribunal, ou par exemple d’une pénurie des produits nécessaires à l’injection. Un "plan B" est alors possible, par électrocution, chambre à gaz ou fusillade selon les États.


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Dans les faits, ces exécutions restent toutefois très marginales. Le dernier condamné à mort étant passé par une chaise électrique remonte au 6 décembre 2018 (et concernait David Earl Miller). La dernière intervention d’un peloton d’exécution date du 18 juin 2010 (pour Ronnie Lee Gardner), et la mise en chambre à gaz n’est quant à elle plus effectuée depuis le 3 mars 1999 (avec Walter Bernhard LaGrand). Toutes relevaient de choix conscients exprimés par les condamnés.

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