Pédophilie : nouveaux remous dans l'Eglise catholique allemande

L’Eglise catholique allemande se retrouve confrontée à une nouvelle crise suite au refus d’un de ses ecclésiastiques les plus en vue, le cardinal de Cologne, de publier un rapport sur des abus sexuels sur mineurs par des membres de son diocèse.

"Nous nous trouvons dans la plus grande crise que l’Eglise a jamais vécu. L’archevêque de Cologne a échoué en tant qu’instance morale", a dénoncé Tim Kurzbach, président du conseil diocésain de Cologne, qui rassemble ecclésiastiques et laïcs.

Le conseil a décidé en conséquence de retirer sa confiance à ce responsable, Mgr Rainer Maria Woelki, un acte rare, et conditionné une reprise de la collaboration, notamment sur le projet synodal de modernisation de l’Eglise, à la publication de cette étude.

"Les responsables doivent enfin assumer leur responsabilité", a insisté M. Kurzbach.

Des agressions de 1975 à 2018

La décision a reçu le soutien du puissant Comité central des catholiques allemands, qui représente les laïcs au sein de l’Église catholique romaine en Allemagne.

Le cardinal Woelki, un conservateur, est critiqué depuis des mois car il a refusé de publier une étude indépendante, commandée par ses soins, concernant la responsabilité éventuelle de hauts dignitaires de son archevêché dans des abus sexuels, provoquant l’ire des victimes.

Cette enquête, réalisée par un cabinet juridique de Munich, porte sur des agressions commises dans son diocèse entre 1975 et 2018.

Il a justifié cette décision par la protection des données des personnes citées et selon lui un manque d’indépendance de la part des chercheurs qui ont mené l’étude sur le diocèse de Cologne, le plus grand du pays.

Des dédommagements

Début novembre, l’évêché d’Aix-la-Chapelle avait lui rendu public sa propre étude, réalisée par le même cabinet munichois.

En 2018, un rapport commandé par l’Eglise dans son ensemble a dévoilé que 3677 mineurs avaient été abusés sexuellement par plus d’un millier des membres du clergé depuis 1946.

Leurs auteurs, qui n’avaient pas eu accès à toutes les archives, avaient estimé que le nombre des victimes était sans doute plus élevé.

L’Eglise catholique, qui reste malgré la crise de confiance qu’elle traverse la plus grande confession d’Allemagne avec près de 23 millions de membres, s’était officiellement excusée et avait promis de revoir à la hausse ses dédommagements.

Lors de la conférence épiscopale de l’automne dernier, les évêques catholiques se sont accordés sur un dédommagement allant jusqu’à 50.000 euros par personne. Un montant très éloigné des attentes des associations de victime.

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