Pearl Harbor, un épisode majeur de la 2e Guerre Mondiale

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US-PEARL HARBOR-USS ARIZONA - © HO - AFP

Une visite historique au cœur de l’Océan Pacifique. Ce mardi 27 décembre, le premier ministre japonais Shinzo Abe et le président américain Barack Obama se rendent à Hawaï pour rendre hommage aux victimes de l’attaque de Pearl Harbor il y a 75 ans. Retour sur cette offensive surprise de l’aviation nippone contre la flotte américaine. Une attaque qui a profondément marqué les États-Unis et changé le cours de la 2e Guerre Mondiale.

Tora, tora, tora

Le 7 décembre 1941, les Américains en parlent comme d’un jour d’infamie. Ce dimanche-là, Pearl Harbor, la principale base navale américaine dans le Pacifique, est attaquée par surprise.

A 07h58, le commandant Logan Ramsey envoie ce message : "Air Raid Pearl Harbor. This is not a drill" ("Attaque aérienne sur Pearl Harbor. Ce n'est pas un exercice.").

Quelques minutes plus tôt, le Japon impérial avait lancé une vaste opération militaire sous le mot d’ordre "Tora, tora, tora", un code qui deviendra le nom d’un célèbre film de guerre début des années ’70.

Le raid est lancé depuis 6 porte-avions positionnés à quelques centaines de kilomètres d’Hawaï. A l’aube, près de 400 avions nippons fondent sur Pearl Harbor. Une offensive éclair, elle a duré deux heures, et dévastatrice. 2400 Américains vont périr, près de 200 avions seront détruits, 21 navires de guerre seront endommagés ou coulés comme l’énorme cuirassé USS Arizona. C’est au-dessus de son épave, dans le mémorial éponyme que Shinzo Abe et Barack Obama se recueilleront ce mardi.

Détruire la flotte américaine

A l'époque, les relations entre les deux pays sont tendues. Le Japon, qui s’est allié à l’Allemagne nazie un an plus tôt, mène une politique expansionniste depuis plusieurs années. Les États-Unis tentent de la freiner en imposant à Tokyo des sanctions économiques. Le Japon veut donc anéantir la flotte américaine pour poursuivre sa conquête de l’Asie du sud-est. L’attaque de Pearl Harbor n’est d'ailleurs pas isolée. Presqu’en même temps, le Japon s'en prend aux Américains aux Philippines, et aux Anglais à Hong Kong, Singapour et en Malaisie. Mais au final, l’objectif du Japon n’est que partiellement atteint puisque 3 porte-avions US, qui patrouillaient au large le 7 décembre 1941, seront épargnés. Les États-Unis lanceront leur contre-offensive dans le Pacifique dès juin 1942, soit 6 mois seulement après Pearl Harbor.

Les États-Unis entrent en guerre

Le choc est énorme et marque profondément l’histoire américaine. Chaque année, les drapeaux américains sont en berne le 7 décembre. Le traumatisme est d’autant plus grand que le Japon bombarde Pearl Harbor par surprise, sans déclaration de guerre préalable. Le lendemain de l’attaque, le 8 décembre 1941, les États-Unis entrent en guerre. Le président Franklin Roosevelt fait une déclaration historique devant le Congrès américain :

"La date d'hier, 7 décembre 1941, restera à jamais une date d'infamie. C'est en ce jour que les États-Unis ont été soudainement et délibérément attaqués par des forces navales et aériennes de l'Empire japonais. (...) Je demande que le Congrès déclare que depuis l'attaque injustifiée et lâche du Japon (...), il existe un état de guerre entre les États-Unis et l'Empire du Japon."

Ce jour-là, les États-Unis quittent leur posture isolationniste. Ils reconstruisent leur flotte, fabriquent en grande série avions, chars, canons et s’engagent pleinement aux côtés des alliés. En août 1945, l’aviation américaine largue une bombe atomique sur Hiroshima puis une autre sur Nagasaki. Quelques semaines plus tard, le Japon capitule.

Mais aujourd’hui, 75 ans plus tard, les anciens ennemis sont devenus "les alliés les plus proches", pour reprendre l’expression du président Barack Obama. De son côté, le premier ministre japonais Shinzo Abe insiste sur "la force immense de la réconciliation". Mais quel sera l’avenir des relations entre les deux pays ? L'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche créé beaucoup d’incertitudes. Le futur président américain a envoyé jusqu'ici des signaux confus voire contradictoire sur la future diplomatie américaine en Asie. Pendant la campagne électorale, Donald Trump n'a pas hésité à critiquer le Japon. Il s'est dit opposé, par exemple, au projet d'accord de libre-échange transpacifique cher à Shinzo Abe. Cela dit, depuis son élection, le dirigeant républicain se montre plus conciliant vis-à-vis de son allié japonais et concentre ses critiques sur son grand rival chinois.

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