Paul Magnette à la télévision canadienne: "On pourrait ne pas ratifier le CETA"

Paul Magnette est actuellement en déplacement au Canada. A cette occasion, le ministre-président de la Wallonie a donné une interview à la chaine de télévision publique RDI. Au menu de la discussion avec le journaliste Gérald Fillion : le psychodrame du CETA qui a agité le monde politique européen à la fin de l'année 2016.

A propos du discours qu'il a prononcé le 28 octobre 2016 au Parlement wallon, Paul Magnette l'assure : "Je n'ai jamasi imaginé qu'autant de gens, des millions de personnes, le voient par la suite via les réseaux sociaux. [...] On était porteurs d'une certaine colère, très largement partagée dans la société civile."

Si le socialiste rappelle qu'il ne voit pas d'objection à un accord entre l'Union européenne et le Canada, il dénonce les conditions dans lesquelles le traité a été préparé. "Dans ce type de traité, il y avait des problèmes de méthodes. Ces traités se négocient en très grande partie en secret."

Par ailleurs, Paul Magnette s'inquiète une nouvelle fois des mécanismes d'arbitrage. "Il y a une asymétrie entre le pouvoir de l'argent qu'on ne cesse de renforcer et l'intérêt public qui a de plus en plus de mal à se défendre."

Il n'empêche le CETA a bien été signé et, dans un premier temps, il ne sera appliqué que de manière provisoire. "Il y aura encore un long processus de ratification pour que le traité soit pleinement en vigueur. Nous l'avons dit pendant ce long débat, nous continuerons d'être extrêmement vigilant et nous attendrons l'avis de la cour de justice de l'Union européenne." Un avis qui pourrait être rendu d'ici "un an et demi, peut-être 2 ans". D'ici là, Paul Magnette exclut que la Parlement de Wallonie accepte de ratifier le traité.

Je n'aime pas faire pleurer les femmes

Autre épisode évoqué au cours de l'interview : les larmes de la ministre canadienne du Commerce Chrystia Freeland après une discussion avec la Wallonie. Comme la ministre l'affirmera plus tard, il s'agissait selon elle de "la façon la plus efficace de culpabiliser ses partenaires intransigeants. Nous voulions que les wallons se sentent coupable".

"J'étais un peu fâché, réagit Paul Magnette. Même si je ne veux pas compliquer à nouveau les choses." Il poursuit : "Je n'aime pas faire pleurer les femmes, mais enfin vous comprendrez bien que nous n'allions pas, tout simplement parce qu'une ministre écrasait quelques larmes à la sortie d'une rencontre, tout d'un coup renoncer à nos convictions. Donc je ne pense pas que cette interprétation soit véritablement crédible. Je n'ai jamais bien compris cet incident pour être tout à fait honnête. La page est tournée."

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