Patrimoine mondial dévasté en Syrie: les images satellites avant et après

Depuis le début de la guerre en Syrie, l'ancienne ville syrienne d'Alep classée au patrimoine mondial de l'UNESCO a subi de très gros dégâts matériels. Il en va de même pour quatre autres sites classés, sur six au total
Depuis le début de la guerre en Syrie, l'ancienne ville syrienne d'Alep classée au patrimoine mondial de l'UNESCO a subi de très gros dégâts matériels. Il en va de même pour quatre autres sites classés, sur six au total - © Image DigitalGlobe | Analysis AAAS

Voilà plus de trois ans que la guerre civile qui oppose le régime de Bachar al-Assad à des groupes rebelles fait rage en Syrie, où tout espoir de paix est systématiquement repoussé loin des frontières du pays. Le conflit est dévastateur: en août dernier, le bilan des Nations Unies faisait état de 191 000 morts. Les bombardements ont eu raison de quartiers entiers dans les villes principales, sans épargner des sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. La Syrie en compte six en tout. Cinq d'entre sont sérieusement touchés, comme le montrent les images satellites ci-dessous.

Dans un rapport publié par l'Association américaine pour l'Avancement des Sciences (AAAS) celle-ci évoque une réelle menace qui pèse sur le patrimoine mondial syrien, déjà partiellement détruit. Son analyse est notamment basée sur des images satellites montrant les dégâts matériels depuis le début du conflit syrien, en 2011.

La photo ci-dessous montre une partie de la ville antique d'Alep (inscrite au classement de l'UNESCO) et a été prise le 6 décembre 2011. En déplaçant la barre verticale vers la gauche, le quartier apparaît tel qu'il était le 14 juillet dernier.

Le bâtiment rectangulaire, c'est la Grande Mosquée, qui date du XIIIème siècle et a été sérieusement endommagée (les deux flèches bleues indiquent de gros cratères) par les violents combats dont Alep est le théâtre. Le minaret (flèche rouge), plus vieux encore et considéré comme l'un des monuments les plus importants de la Syrie médiévale, a complètement été rasé par les bombardements. Quant au souk Al-Madina (flèche verte), le plus grand marché couvert au monde, son toit a été fortement endommagé.

Les flèches jaunes montrent de multiples destructions autour de ces deux bâtiments.

Au sud de la citadelle d'Alep, le bâtiment historique qui abrite le ministère de la Justice est partiellement à terre (flèche rouge), tout comme la mosquée Khusriwiye. La destruction complète du Calton Citadel Hotel (flèche bleue) et d'autres structures alentours (en jaune), donne une idée de l'ampleur que peuvent prendre les dégâts.

L'AAAS relève aussi des dégâts considérables au nord de la citadelle. Cette zone abrite des bâtiments datant de l'empire des Mamelouks (13ème au 16ème siècle).

Dans la ville antique de Bosra aussi, au sud de la Syrie, les bombardements ont fait de nombreux dégâts. L'image satellite ci-dessous montre un trou dans le toit de la mosquée al-Omari ainsi que plusieurs cratères, dont un sur d'anciennes ruines romaines.

Sans photos satellites cette fois, l'AAAS dit avoir observé des dégâts plus limités dans la ville classée de Damas, capitale syrienne et "l'une des plus vieilles villes du monde". L'association précise que Damas compte "plus de 125 sites appartenant au patrimoine culturel syrien et témoignant de la longue histoire de Damas", mais aussi de nombreux vestiges des périodes hellénistique, romaine, byzantine, islamique et ottomane.

La banlieue est par contre beaucoup moins épargnée, l'AAAS rapporte de nombreuses destructions importantes tout autour de la ville.

C'est dans la province de Damas que le plus grand nombre de morts a été enregistré, selon les Nations Unies.

Toutes les photos sont publiées dans le rapport de l'AAAS.

Germain Renier

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