Pas de hausse de production de pétrole en vue

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La rencontre à Djeddah des principaux pays producteurs et consommateurs de pétrole a recommandé dimanche des mesures techniques pour tenter de stabiliser le marché pétrolier, mais n'a annoncé aucune nouvelle hausse de la production.

La Déclaration, rendue publique à l'issue de cette "Réunion de Djeddah sur l'Energie", recommande simplement une meilleure transparence et une plus grande régulation des marchés financiers, ainsi qu'un accroissement des capacités de production et de raffinage afin d'aboutir à un "fonctionnement efficace du marché pétrolier".

Inquiet de l'impact du pétrole cher sur l'économie mondiale et, à terme, sur la demande pétrolière, le gouvernement saoudien avait invité le 9 juin les pays consommateurs et producteurs à venir à Djeddah pour y "discuter de l'envolée des prix, ses causes et les moyens d'y faire face".

Ryad entendait prouver aux pays consommateurs que le royaume, et plus généralement l'Opep (Organisation des Pays exportateurs de Pétrole), ne sont pas responsables du doublement des prix du pétrole en un an.

Mais les divergences sur les raisons de cette explosion des prix, qui ont frôlé il y a quelques jours les 140 dollars le baril, sont apparues au grand jour.

Les pays producteurs estiment que l'offre est suffisante pour répondre à la demande et que la flambée actuelle des prix résulte de la spéculation, de la faiblesse du dollar et de l'instabilité géopolitique dans certaines régions, alors que les pays consommateurs, au premier rang desquels les Etats-Unis, considèrent que le principal problème réside dans l'insuffisance de l'offre.

Le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi, a affirmé que l'accroissement de l'offre mondiale de brut avait été supérieure à l'augmentation de la demande mondiale entre le deuxième trimestre de 2007 et le deuxième trimestre de 2008, donc qu'il n'y avait pas de pénurie.

La seule hausse de production annoncée l'aura donc été en fait avant la conférence par l'Arabie saoudite.

En gage de bonne volonté, Ryad avait annoncé il y a quelques jours une hausse de 200.000 barils de sa production quotidienne, qu'elle avait déjà augmentée de 300.000 barils en mai.

En ouvrant les débats, le roi Abdallah a confirmé que l'Arabie avait décidé de porter sa production à 9,7 millions de barils/jour (mbj) à compter de juillet et assuré que le royaume était "prêt à répondre à toute demande supplémentaire" des pays consommateurs.

"Au cours des derniers mois, nous avons augmenté notre production de 9 à 9,7 millions de barils par jour et nous sommes prêts à répondre à toute demande supplémentaire", a déclaré le souverain devant les représentants de 36 pays producteurs et consommateurs, 22 compagnies pétrolières et 7 organisations internationales qui avaient répondu à son invitation.

Il s'agit du niveau de production le plus élevé pour l'Arabie, premier exportateur mondial, depuis le début des années 1980.

Avant même l'ouverture de la conférence, l'Opep avait exclu toute augmentation de la production du cartel dans l'immédiat, se démarquant ainsi de l'Arabie, pourtant son chef de file.

Publiée sous l'égide de l'Arabie, de l'Agence internationale de l'Energie (AIE), du Forum international de l'Energie et de l'Opep (Organisation des Pays exportateurs de Pétrole), la Déclaration commune rendue publique à Djeddah se limite donc à des mesures techniques.

"L'existence de capacités supplémentaires dans la chaîne de production est importante pour la stabilité du marché pétrolier mondial", affirme le texte.

"En conséquence, une augmentation appropriée des investissements, tant en amont qu'en aval, est nécessaire pour s'assurer que les marchés soient approvisionnés à temps et de façon adéquate", est-il précisé.

En clair, il faut accroître les capacités de production et de raffinage.

Anticipant sur cet appel, M. Nouaïmi avait indiqué, dans le but évident de rassurer les pays consommateurs, que l'Arabie pourrait porter sa capacité de production à 15 mbj si la demande le justifiait, contre 11,3 mbj à l'heure actuelle.

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