Parlement européen divisé quant à l'approche à adopter face à Viktor Orban

 Parlement européen divisé quant à l'approche à adopter face à Viktor Orban
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Le Parlement européen se prononcera mercredi à propos de l'attitude à adopter face à la situation inquiétante des droits fondamentaux dans la Hongrie de Viktor Orban. Si les eurodéputés s'accordent pour constater des atteintes à l'Etat de droit et à la démocratie, ils se disputent par contre quant à l'opportunité d'imposer des sanctions à Budapest.

Deux projets de résolution circulent actuellement dans l'hémicycle européen. Le premier a été rédigé par les libéraux, les sociaux-démocrates, les Verts et l'extrême gauche, tandis que le second est l'oeuvre du président du groupe PPE (droite et centre droit), Manfred Weber. Ce dernier est dans une situation délicate vu l'appartenance du Fidesz hongrois de M. Orban à sa famille politique européenne.

Le vote prévu mercredi fera suite au débat mené fin avril lors d'une session plénière du Parlement à Bruxelles. Le Premier ministre hongrois y avait réfuté en bloc les critiques de la Commission envers sa politique, défendant sa loi contre les instituts d'enseignement étrangers - qui menace de fermeture la Central European University (CEU) - ou encore son approche en matière migratoire.

D'après les groupes de gauche et du centre au sein de l'assemblée parlementaire, l'activation de l'article 7 du Traité de l'UE, qui prévoit des sanctions en cas de violation grave de l'Etat de droit et des valeurs européennes, serait justifiée. En vertu de cet article, le Conseil pourrait suspendre certains droits d'un Etat membre, y compris son droit de vote au sein du Conseil.

Le président du PPE, Manfred Weber, refuse cependant d'aller aussi loin. Il demande plutôt à la Commission d'enquêter pour avoir une idée claire de la situation dans le pays des Magyars. "Le PPE veut donner une chance à la Hongrie de pouvoir répondre", a-t-il souligné mardi lors d'une conférence de presse.

Les autres groupes politiques ont pour leur part déploré que l'appartenance du Fidesz au groupe PPE amène ce dernier à placer les intérêts du parti au-dessus de ceux des Européens. Un argument que rejette M. Weber, qui affirme "suivre la procédure".

Au sein du PPE, de nombreux députés jugent toutefois que l'approche en douceur face à M. Orban ne peut pas continuer. Certaines délégations nationales du PPE pourraient dès lors ne pas soutenir la résolution élaborée par leur chef de groupe.

La semaine dernière, l'eurodéputé belge Claude Rolin (cdH/PPE) estimait notamment que les instances décisionnelles du PPE ne pouvaient plus se contenter de déclarations de principes ou de rappels à l'ordre envers M. Orban. "Entre le Fidesz de M. Orban et le cdH, il y en a un qui n'a plus sa place dans le PPE. Entre ceux qui portent les valeurs de la démocratie européenne, d'une économie de marché socialement régulée et M. Orban, il y a une réelle incompatibilité", avait-il affirmé lors d'un colloque.

Le vote aura lieu mercredi midi, mais la question sera déjà abordée mardi en soirée lors de la réunion de groupe du PPE.

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