Paris redoute un samedi noir et se barricade

La France tente de prendre un maximum de précautions à la veille d'un nouveau samedi de manifestations des gilets jaunes. Trois semaines après la première grande mobilisation, le gouvernement craint une nouvelle flambée de violences pour "l'acte IV" du mouvement.

L’Élysée redoute un noyau dur qui viendraient à Paris "pour casser et pour tuer". Les autorités n'attendent "que quelques milliers de personnes dans la capitale mais dans ces personnes il y a des gens ultraviolents", a expliqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, déplorant que "ces trois dernières semaines de mobilisation aient fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs".

Chez nous, les Affaires étrangères incitent les voyageurs belges à reporter leur séjour à Paris ce week-end. A ceux qui s'y rendent, le ministère conseille d'éviter les foules et tout rassemblement ; d'éviter les lieux symboliques et autres zones touristiques comme l'Arc de triomphe, les Champs-Élysées ou encore les places de la Concorde, de la bastille et de la Nation.

Ultras et casseurs

L'exécutif français craint une alliance entre ultradroite, ultragauche, gilets jaunes les plus remontés et casseurs qui profitent du chaos pour se livrer à des pillages. Les manifestations de samedi dernier à Paris, qui ont rassemblé 8.000 personnes, ont fait 133 blessés (dont 23 membres des forces de l'ordre) et conduit à 412 interpellations.

Après la promesse d'un gel des tarifs de l'énergie pendant l'hiver et d'une vaste concertation sur les revendications des manifestants, le gouvernement a fait un nouveau geste en renonçant pour l'année 2019 aux augmentations de taxes sur les carburants. Ce geste n'a toutefois pas semblé convaincre les manifestants. 

On redoute aussi une extension à d'autres secteurs, notamment les agriculteurs, les transporteurs routiers et l'éducation où la situation est très tendue.

Les commerces et les musées fermés

"On sera fermés, la police nous a prévenus, on a prévu une planche en bois pour la porte" explique Rosalie Sarmiento, responsable d'un bureau de changes sur les Champs-Élysées, citée par l’agence de presse française AFP.

La préfecture de police de Paris a adressé un avis aux commerçants pour les mettre en demeure de fermer portes et accès et de protéger leurs enseignes en apposant des panneaux de protection sur les vitres et en retirant les étalages, terrasses, véhicules, ainsi que tous les objets vulnérables.

Dans certains quartiers, tout ce qui pourrait être utilisé comme projectile est retiré des rues : matériel de chantier, barrières, échafaudages, mobilier urbain ou conteneurs à verre.

La Tour Eiffel et Le Louvre seront fermés, tout comme des dizaines de musées. L'Opéra a annulé ses représentations. Des matchs de football sont reportés. Le parcours de la marche pour le climat a été modifié.

Dispositif de maintien de l’ordre sans précédant

89.000 membres des forces de l'ordre seront déployés en France, dont 8.000 à Paris. Dans la capitale, pour la première fois depuis des décennies, l’État engagera même une douzaine de véhicules blindés à roue de la gendarmerie. La mission première de ces engins est la protection contre les projectiles, les cocktails Molotov, les boules de pétanque, …

Par ailleurs, il y aura des contrôles d'identité et des sacs en amont des manifestations, notamment dans les gares, afin d’identifier des personnes venant avec des armes, des équipements destinés à casser ou se protéger.

Edouard Philippe annonce un déploiement de 89 000 policiers en France ce samedi (images TF1)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK