Paris et Bagdad négocient sur les djihadistes français "ayant combattu en Irak"

Des proches de jihadistes escortées par des gardes armés dans le camp de Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, le 23 juillet 2019
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Des proches de jihadistes escortées par des gardes armés dans le camp de Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, le 23 juillet 2019 - © DELIL SOULEIMAN

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit vendredi travailler avec l'Irak à une coopération "judiciaire" et "pénitentiaire" sur la question des djihadistes français actuellement détenus en Syrie et "ayant combattu en Irak".

Depuis qu'Ankara a lancé le 9 octobre une offensive contre une milice kurde dans le nord syrien, les Européens redoutent que les 12.000 djihadistes détenus par les Kurdes en Syrie - dont 2500 à 3000 étrangers - ne s'évadent.

Si Bagdad avait proposé en avril de juger les djihadistes étrangers détenus en Syrie pour deux millions de dollars par personne, son chef de la diplomatie Mohammed Ali al-Hakim a insisté jeudi sur le fait que cette option valait uniquement pour ceux "ayant combattu en Irak".

Alors qu'il avait récemment évoqué à plusieurs reprises le sort de l'ensemble des djihadistes étrangers, M. Le Drian a repris vendredi ces termes devant des journalistes à Erbil, au Kurdistan autonome.

"En ce qui concerne les djihadistes français qui ont combattu sur le sol irakien et qui de cette manière sont devenus justiciables du point de vue de l'Irak, nous avons décidé au plus haut niveau (...) d'étudier ensemble une coopération judiciaire, mais aussi technique, pénitentiaire, humanitaire", a-t-il dit.

Transférés et jugés en Irak ?

Parmi les djihadistes détenus par les Kurdes se trouvent 60 djihadistes français et leurs épouses considérées par les autorités comme tout aussi radicalisées. La France refuse, comme nombre d'autres pays, de les rapatrier en raison des craintes d'attentats et de l'hostilité de l'opinion. Paris plaide depuis des mois pour que les Français détenus en Syrie soient transférés et jugés en Irak. Mais les autorités irakiennes, en pleine crise politique après une semaine de contestation antigouvernementale sanglante début octobre, font face à une forte opposition, populaire et politique.

Quatorze Français ont déjà été condamnés en Irak depuis un an et demi pour "appartenance" au groupe Etat islamique (EI), en majorité à la peine capitale. La plupart avaient été transférés de Syrie et la justice irakienne avait établi que certains n'avaient commis aucun crime en Irak. Mais elle s'était estimée compétente parce qu'ils avaient, à un moment ou à un autre, transité par le territoire irakien.

A l'issue de sa visite en Irak, le ministre français n'a annoncé aucune mesure ou accord nouveau au sujet des djihadistes.

Deux djihadistes belges se sont déjà échappés d'une prison et le Conseil de sécurité de l'ONU a mis en garde contre un "risque de dispersion".

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian rencontrant le président irakien à Bagdad, ce 17 octobre:

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