Paraguay: le président renonce à son projet controversé de réélection

De violentes manifestations de protestation ont éclaté pour protester contre le projet de réélection du président Cartes. Finalement, la rue a obtenu gain de cause et le chef de l'Etat fait marche arrière
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De violentes manifestations de protestation ont éclaté pour protester contre le projet de réélection du président Cartes. Finalement, la rue a obtenu gain de cause et le chef de l'Etat fait marche arrière - © CESAR OLMEDO - AFP

Le président du Paraguay, Horacio Cartés, a annoncé lundi abandonner son projet controversé visant à autoriser sa réélection pour un deuxième mandat, qui avait déclenché de violentes manifestations fin mars.

Dans un communiqué, le chef d'Etat conservateur a assuré qu'"en aucun cas" il ne se représenterait aux élections d'avril 2018, alors que la réforme constitutionnelle, approuvée en première lecture par le Sénat, avait entraîné des manifestations ayant fait un mort et une centaine de blessés.

Un dialogue politique avait été lancé ensuite entre les différents partis, sous l'égide de l'Eglise, mais avait été vite boudé par l'opposition.

La décision de M. Cartés de renoncer à ce projet survient alors que devaient arriver mardi au Paraguay un émissaire du président américain Donald Trump, puis le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, jeudi, pour relancer le dialogue.

J'espère que ce geste de renoncement servira pour approfondir le dialogue

Dans l'esprit de la Constitution de 1992, le mandat unique de cinq ans était un antidote contre l'autoritarisme et la tentation de se cramponner au pouvoir, dans un pays marqué par 35 ans de dictature du général Alfredo Stroessner, de 1954 à 1989.

Le texte autorisant plus d'un mandat présidentiel, soutenu par M. Cartés mais aussi Fernando Lugo, ex-évêque et président de gauche de 2008 à 2012, avait été approuvé en première lecture par le Sénat le 31 mars, entraînant de violentes protestations.

Dans la soirée, les images du Parlement en feu, assiégé par des manifestants, avaient fait le tour du monde. Un militant du Parti libéral, principale formation d'opposition, avait été tué par un policier et trois parlementaires blessés par des balles caoutchoutées.

Sur ses comptes Facebook et Twitter, Horacio Cartés a expliqué avoir informé l'archevêque d'Asuncion, monseigneur Edmundo Valenzuela, de sa décision de ne pas se présenter à l'élection de 2018.

"J'espère que ce geste de renoncement servira pour approfondir le dialogue en vue du renforcement institutionnel de la République", a assuré M. Cartés, un riche chef d'entreprise passé à la politique deux ans avant son élection.

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