Pape François: chaleur au Pérou fervent, après la douche froide au Chili

Le pape François bénit une femme à la cathédrale de Lima, le 21 janvier 2018
Le pape François bénit une femme à la cathédrale de Lima, le 21 janvier 2018 - © VINCENZO PINTO - AFP

Le pape François termine ce dimanche sa tournée en Amérique latine par une messe géante à Lima, où les Péruviens l'ont accueilli avec une ferveur qui contraste avec l'accueil plutôt froid lors de son étape au Chili, pays secoué par la polémique sur les scandales de pédophilie.

Les traits tirés par un voyage d'une semaine dans six villes, le pape âgé de 81 ans a salué au réveil les nombreux Péruviens qui l'attendaient devant la nonciature apostolique où il réside, dont beaucoup avaient dormi sur place, avant de traverser la capitale en papamobile, accompagné par une foule enthousiaste.

Message d'unité

Au sanctuaire du Seigneur des miracles - patron de Lima -, le pape a prononcé une homélie devant 500 sœurs contemplatives cloîtrées et s'est recueilli devant une icône révérée du Christ peinte au 17e siècle et qui fait l'objet de récits miraculeux.

"Les ragots dans le couvent sont comme des terroristes: ils lancent une bombe et ils s'en vont", a-t-il lancé aux religieuses, suscitant rires et réactions embarrassées dans le public. "Sœurs terroristes, non, mordez-vous la langue" avant de parler, leur a-t-il dit.

Le souverain pontife, qui avait reçu à la nonciature dans la matinée quatre détenus ainsi qu'une fillette avec un appareil respiratoire, transportée en ambulance, a ensuite rencontré les évêques péruviens à qui il a lancé une autre mise en garde: "Chers frères, travaillez pour l’unité, ne restez pas prisonniers des divisions qui fractionnent et limitent la vocation".

Messe géante à Lima

Point d'orgue de son étape péruvienne, François célèbrera dans l'après-midi une messe géante sur une base aérienne au sud de Lima où sont attendues près d'un million de personnes.

Le souverain pontife avait déjà célébré samedi à Trujillo, à 560 kilomètres au nord de Lima, une messe devant 200.000 fidèles face à la mer, se livrant à d'impressionnants bains de foule à bord de sa papamobile.

Très attendu en début de semaine au Chili sur la question des scandales d'abus sexuels perpétrés par des prêtres, le pape avait d'abord marqué des points en rencontrant des victimes et en exprimant "sa honte".

Message brouillé

Mais François a ensuite brouillé son message et choqué bon nombre de Chiliens au tout dernier jour de sa visite, en donnant une accolade publique à Mgr Juan Barros, soupçonné d'avoir gardé sous silence les agissements d'un vieux prêtre pédophile défroqué par le Vatican.

Il avait tenu juste auparavant des propos très peu apaisants pour les victimes d'abus sexuels.

"Le jour où vous m'apportez une preuve contre l'évêque Barros, je vous parlerai. Il n'y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C'est clair?", avait lancé jeudi le pape, interpellé par des journalistes chiliens.

Le cardinal Sean Patrick O'Malley, qui dirige une commission anti-pédophilie au sein du Vatican, a jugé "compréhensible" samedi que les propos du pape aient pu provoquer "une grande douleur" chez les victimes. Mais il a mis en avant la grande sincérité du pape lorsqu'il prône la tolérance zéro contre les actes pédophiles au sein de l'Eglise.

Le pape François quittant le Pérou, à l'aéroport de Lima (APTN):

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